Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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   Après la prolifération des armes nucléaires, c’est au tour des missiles de bouleverser la donne géopolitique.

La Corée du Nord défie le monde avec ses tirs de missiles balistiques, l’Iran poursuit son programme de lanceurs et fournit à ses affidés des missiles opérationnels, au grand dam de l’Arabie saoudite et d’Israël.

Devant l’hostilité manifeste des Etats-Unis à son égard, la Russie déploie des missiles de croisière visant l’Europe dans son ensemble, et particulièrement le déploiement des missiles de l’OTAN.

Même le Moyen Orient et l’extrême Orient ne sont pas exempts de l’agitation. Missiles nucléaires ou conventionnels, permettent aux puissances émergentes, d’étendre leur influence au détriment de l’Occident.

Avoir la bombe atomique, c’est bien, avoir le moyen de la lancer, c’est mieux. Mais les missiles conventionnels suffisent à asseoir certains pouvoirs chancelants, car ils peuvent faire d’immenses dégâts et de nombreuses victimes. Entre les mains de groupes terroristes, la terreur est assurée. Pas besoin d’avions ni de porte-avions, cela devient des armes à destruction massive à la portée de puissances moyennes, voir encore plus faibles.

À tête nucléaire ou à charge classique, à longue ou courte protée, les missiles, aujourd’hui, posent la question de l’influence des nouvelles puissances montantes telles que l’Iran, la Turquie ou l’Arabie saoudite et confirme le retour dans le jeu diplomatique de la Russie.

Longtemps, les missiles à longue portée étaient du seul fait des grandes puissances. Aujourd’hui, elles sont accessibles à de nombreux pays. Devant les volte-face de la politique américaine, le doute sur la validité du parapluie atomique américain assuré à ses alliés, le meilleur moyen de sécuriser un pays et de pérenniser un régime est d’accéder à l’arme ultime et maitriser le lancement des missiles.

L’exemple de la Corée du Nord illustre cette approche vis-à-vis de Washington.

Les Etats-Unis ont ouvert la boite de Pandore en violant le traité de non-déploiement des lanceurs intercepteurs en Roumanie et en Pologne. Ils ont ainsi donné un prétexte au déploiement des missiles à longue portée par la Russie, et incité la Turquie à acheté à Moscou des batteries de missile S-400, un système incompatible avec celui de l’OTAN dont Ankara fait partie. Au congrès américain, certains militent pour prendre des sanctions contre la Turquie.

Nouvel acteur actif au Moyen Orient, l’Iran exploite

l’avantage donné par ses missiles, mais provoque d’ors et déjà des réactions musclées de l’Etat israélien. La donne change pour Israël qui ne peut laisser s’accumuler dans la région, des stocks de missiles. On risque d’assister à une guerre préventive d’Israël, qui pourra considérer qu’elle se doit de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

Depuis que la Corée du Nord détient l’arme nucléaire et qu’elle a démontré qu’elle maîtrisait la technique des missiles balistiques, les équilibres stratégiques en Asie ont changé. Mais Séoul et Tokyo pourraient, à leur tour, se lancer dans la course aux armements nucléaires et à la maîtrise des missiles intercontinentaux.

Après la bombe atomique, les missiles ont rendu le monde de plus en plus instable et multiplié les risques des conflits armés.