Chronique du vendredi: et si on parlait de Trump ? Encore !

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     Tout au long de sa campagne électorale et depuis son élection à la présidence des Etats-Unis, Donald Trump a déclaré la guerre aux Médias et aux élites de Washington. Pour ce faire, ses tweets rageurs et sa communication débridée, s’ils choquent les tenants du ‘politiquement correct’, enthousiasment ses partisans, ceux qui l’ont élu.

Il est vrai que le style du président américain n’est pas dans la tradition du rigorisme presbytérien, encore moins des élites sophistiquées des salons washingtoniens. Mais la direction du pays tient-elle au seul style de l’exécutif ?

Le bilan de la première année de la présidence Trump est loin d’être négatif.

Sa réforme fiscale, historique, est passée au Congrès, le Dow Jones à la bourse de New-York, bat tous les records, le chômage a franchit le plancher historique  de 4,1%, flirtant avec le plein emploi.

À l’étranger, ses déclarations, malvenues pour beaucoup, concernant Jérusalem ou le leader nord-coréen, ont fait bouger les lignes.

Malgré ce bilan, l’establishment ne désarme pas. Défilent à la télévision, analystes politiques, psychiatres, amuseurs publiques, pour démolir l’image de leur président.

Est-il fou, comme certains le clament, est-il un génie, comme lui-même se défini ? Il semble qu’il n’est ni l’un ni l’autre, mais simplement un politique qui ne sort pas du moule bostonien.

Un livre sur les coulisses de la Maison Blanche de Michael Wolf, Fire and Fury, prétend porter un coup fatal au Président honni. Mais l’auteur est connu pour son peu d’honnêteté intellectuelle. Aux dires des médias américains eux-mêmes, il prend souvent des libertés avec la véracité des faits. Steve Bannon et d’autres personnes citées, ont démenti avoir tenu les propos qu’il leur a prêté. Alors, pourquoi ces réactions rageuses de Donald Trump ? Il a contribué à contrario, au succès du livre, même si la justice ordonne d’en expurger certains passages. Trop tard, le mal est fait, peut-être pas, car trop, c’est trop. Il ne mobilisera contre lui que ceux qui déjà lui tirent à boulets rouges. Pour les autres, partisans ou silencieux, ils dénoncent un lynchage médiatique.

La partialité du procureur spécial, Robert Mueller, n’est plus à démontrer, pour une partie de la presse américaine. L’enquête sur les liens supposés entre les russes et l’équipe de Trump, une véritable montagne qui risque d’accoucher d’une souris.

On ne parle plus du respect dû à la fonction, tellement le haine de l’establishment est vive à l’égard de Donald Trump, qui fait rarissime, a été élu à la présidence, dès sa première tentative.

Il y a très peu de chances pour que le président Trump soit destitué avant la fin de son mandat. Une procédure de destitution nécessite d'abord que la Chambre des représentants vote à la majorité, puis le Sénat à la majorité des deux tiers. Or, les républicains continuent de dominer le Congrès et n'ont aucune envie de saquer l'un des leurs.

Même si les démocrates arrivent à reprendre la Chambre des représentants l'année prochaine – autre hypothèse incertaine –, il n'est pas certain qu'ils aient vraiment envie de s'attaquer au président. Nancy Pelosi, la chef des démocrates à la Chambre, a déclaré ce week-end sur CNN qu'elle n'y était pas favorable.

L’américain moyen, la majorité du pays, se décide seulement selon la situation économique du pays.

Comme disent certains sénateurs, il ne faut pas rêver, tant que Donald Trump mobilise derrière lui plus de quarante pour cent de l’électorat, il est illusoire de croire que les conditions seront réunies pour une destitution.