Voici ma chronique hebdomadaire, ke ne suis pas certain qu'elle ne soit pas politique.

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        L’homme, depuis son arrivée sur terre a eu à subir des mutations nombreuses, et à relever d’innombrables défis, lui permettant de rester le ‘maître pensant’ de tout ce qui peuple cette planète. Supérieur par sa capacité de penser et de prévoir, l’homme a été sans conteste, à ce jour, l’animal ‘Roi de la forêt’.

Voilà que l’humanité, aujourd’hui, entre dans l’ère des robots et de l’intelligence artificielle.

Durant deux jours (1 et 2 décembre 2017) , à l’Abbaye de Royaumont, se sont succédé au pupitre, les sommités mondiales de l’IA (l’intelligence artificielle), auxquelles des financiers, philosophes, économistes, entrepreneurs, juristes ont répondu, en partageant avec eux leurs réflexions sur le sujet.

Avec l’électricité et l’informatique, l’intelligence artificielle est en train d’introduire l’humanité dans une nouvelle révolution qui va bouleverser l’économie, la forme de société dans laquelle nous vivons et tout simplement notre vie quotidienne.

Le champ d’application de la robotique et de l’IA est tellement vaste, qu’on peine aujourd’hui à en apercevoir les limites. Le monde est en train de rentrer de plein pied dans la quatrième révolution industrielle. Il y a plusieurs phases dans le bouleversement apporté par l’IA, la première étant celle des robots, la plus puissante en termes d’effets et donc la plus prometteuse.

On retiendra le paradoxe souligné par un intervenant : les pays émergents adoptent plus vite les nouveaux comportements que les Américains ou les Européens (temps passé sur les réseaux sociaux, sharing économie, services spécialisés sur Smartphone, etc.).

 Leur niveau d’adoption est le double de celui des pays d’Europe.

On compte aujourd’hui 32000 robots en France,  contre 180000 en Allemagne. L’Italie possède deux fois plus de robots que la France.

Elon Music (Tesla), Reid Hoffman (Linkedin), Peter Thiel et Sam Altman (Y Combinator) ont lancé le projet OpenAI, pour démocratiser l’intelligence artificielle. Pour eux, celle-ci va être l’un des développements les plus importants de l’histoire humaine. Nous allons vers un nouveau système économique qui verra la fin du règne du système capitaliste, aux dires du penseur américain, Jéremy Rifkin, inventeur de la « société du coût marginal zéro ».

Il va y avoir d’énormes sujets d’éthiques à traiter, il faudra construire une nouvelle morale, car l’IA accélère le temps, bouscule les repères, pousse à l’eugénisme et à la neuro-technologie.

Laurent Alexandre, célèbre chirurgien et neurobiologiste, déclare : « ‘La mort de la mort’ est un slogan transhumaniste, mais le débat doit porter sur l’allongement de la vie et le progrès de la médecine, non sur l’idéologie transhumaniste. » Ce à quoi répond l’écrivain Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune ; « On est passé du theo-centrisme, à l’anthropo-centrisme, au bio-centrisme, puis aujourd’hui au techno-centrisme ; l’homme n’est plus rien et la transhumanisme prospère sur le vide. »

On aura à repenser le monde du travail. L’arrivée de l’intelligence artificielle va défavoriser les gens qui ne sont pas adaptés au monde de la data. A cours terme, les gens les moins doués vont être les plus bousculés, les tensions sociales vont être immenses, jusqu’au jour où l’ouvrier d’aujourd’hui aura cédé la place au collaborateur formé aux nouvelles technologies.

Comme l’ont conclu les Entretiens de Royaumont, l’ère de la robotique et de l’intelligence artificielle sera-t-elle la meilleure ou la pire des choses : c’est à l’homme de décider. Elle sera ce qu’il en fera.