Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                    Il y a cent ans, un siècle, un 2 novembre 1917, lord Arthur Balfour, alors ministre des Affaires étrangères de Sa Majesté britannique, s’engagea à ce que la puissance mandataire appuis de « tous ses efforts » la création d’un foyer national juif en Palestine. Cette terre comptait alors 1.200.000 Palestiniens pour 600.000 juifs.

Le 29 novembre 1947, c’est le partage décidé par l’ONU (résolution 181). Les juifs l’acceptent et proclament, dans la foulée, l’Etat d’Israël. Poussé par les capitales arabes et surtout la Ligue arabe, le Haut Comité arabe palestinien, suivi par la quasi totalité des dirigeants de la communauté arabe, rejette le plan. Avec la promesse d’un retour à leurs foyers dans deux ou trois semaines, à la défaite des juifs, des milliers de palestiniens prennent le chemin de l’exil, lourde responsabilité des dirigeants arabes, particulièrement de la ligue arabe. L’Egypte était alors gouverné par le Roi Farouk 1er, le royaume est miné par la corruption et la défaite dans la guerre israélo-arabe va entrainer la révolution égyptienne de 1952. C’est l’arrivée au pouvoir de Mohammed Naguib accompagné de Gamal Abdel Nasser.

Le paradoxe est que les Palestiniens se battent, aujourd’hui, pour avoir un Etat qui leur avait été accordé par l’ONU en 1947, et ce dans une plus petite partie de Palestine, que celle qui leur était proposée par la résolution 181 de l’ONU.

La démographie aidant, les Palestiniens seront-ils un jour plus nombreux que les huit millions sept cent mille israéliens d’aujourd’hui ? Yasser Arafat disait : « notre atout, c’est le ventre de nos femmes. »

Les Palestiniens en Israël et dans les territoires occupés sont, aujourd’hui, environ 7 millions. Mais on parle peu des Palestiniens de la diaspora, ceux qu’on appelle : ‘Les Palestiniens oubliés’. A l’exception de l’Amérique ‘honnie’, où plusieurs ont fait fortune ainsi qu’en Grande Bretagne, ils sont encore, pour la plupart, parqués dans des camps, essentiellement dans les pays arabes. Gaza et la Cisjordanie abritent 27 camps où végètent plus de 650000 refugiés, sous la houlette de l’UNWRA. La Jordanie gère 10 camps pour 300000 palestiniens, le Liban 12 camps pour 225000, la Syrie contient 10 camps officiels pour 225000 refugiés. Comment peut-on justifier, qu’après la guerre, les guerres israélo-arabes, qu’après un exil de plus de soixante ans, il existe encore des familles palestiniennes vivant dans des camps de refugiés. En outre, on reste très discret sur l’apartheid infligé aux Palestiniens par plusieurs des pays arabes.

Ces palestiniens sont en première ligne dans le drame syrien et le chaos irakien. D’après Khaled Abu Toameh, Journaliste-conférencier, arabe vivant en Israël, plus de 1600 palestiniens ont disparu en Syrie et des centaines d’autres ont été tués depuis le début de la guerre civile, certaines sources parlent de plus de 4000.

Avec la nouvelle donne au Moyen Orient, les nouvelles alliances, le conflit israélo-palestinien a quitté le radar des gouvernants arabes. Certes, il reste un problème, mais pas prioritaire.

C’est bien de faire de grands discours en faveur des Palestiniens, c’est bien de jeter l’anathème sur ceux qui essayent de nouer le dialogue avec l’autre, mais cela serait peut-être mieux de commencer par permettre aux palestiniens de s’intégrer dans les pays où ils sont, par la force des évènements, des refugiés. Il serait plus ‘Oummat’ de ne pas les traiter comme des citoyens de seconde zone. Ces palestiniens oubliés par les médias, font également partie du peuple palestinien, si cher à Yasser Arafat.