Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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       Peu après la deuxième guerre mondiale, le Japon allait suivre une courbe de développement que la Chine suivra à son tour. Il inonda le marché mondial d’objets de première nécessité, de mauvaise qualité, au point que le qualificatif de japonais, signifiait, dans beaucoup de pays : mauvaise qualité. Et puis, la qualité s’est affirmée, et le Japon devint la troisième puissance économique de l’époque.

Aujourd’hui, ‘le pays du Soleil Levant’ reste la 3e  puissance économique du monde pour le PIB nominal, et la 4e pour le PIB à parité du pouvoir d‘achat. En ce début du XXIe siècle, il est considéré comme l’un des leaders mondiaux des nouvelles technologies respectueuses de l’environnement.

Catastrophes naturelles, crises financières et géopolitiques, vieillissement de la population, le Japon est en première ligne de tous ces défis. Il préfigure ceux que les pays développés auront à traiter. Le gouvernement japonais fait preuve de volontarisme et d’une maîtrise dont on scrute avec appréhension les résultats. Ce pays a déjà expérimenté tous les défis auxquels le monde, aujourd’hui, est confronté.

Shinzo Abe, le premier ministre, trois fois confirmé, veut mobiliser l’internet des objets, le big data et l’intelligence artificielle : « pour répondre aux défis sociaux auxquels le Japon est confronté en avance des autres pays. »

Devenu par la force des choses un laboratoire, grandeur nature de la croissance molle, est-il un exemple d’efficacité ? Il reste néanmoins le pays aux excédents commerciaux considérables, le créancier international, devant la Chine, avec des avoirs extérieurs nets de 3200 milliards de dollars.

Et pourtant, il fait penser au colosse de Rhodes ;  aujourd’hui dixième pays le plus peuplé du monde (127 millions environ), en cinq ans, sa population a diminué d’un million et cela va continuer en s’accélérant. Le déclin démographique semble inexorable, du fait de la faiblesse de l’immigration et de l’inertie du taux de natalité.

Les hommes et les femmes du Japon rejettent l’idée du mariage, dans une proportion alarmante. Selon l’Association de planning familial japonaise, 36% des garçons entre 16 et 19 ans n’ont aucun intérêt pour le sexe. Un quart des personnes non mariées âgées de trente ans et plus, hommes ou femmes, n’ont jamais eu de relations sexuelles.

Comment un peuple peut se suicider ? Tout simplement en ne faisant pas d’enfants.

Tout le monde anticipe le déclin démographique du Japon, mais ce qui arrive au pays du Soleil Levant menace l’Europe : stagnation économique, austérité et surtout calcification sociale et économique.

La démographie est une science implacable et pour le Japon, prolonger les courbes est terrifiant. Si le peuple japonais ne retrouve pas un élan vital, un désir de vie et un désir d’enfants, il va tout simplement disparaître. La réponse évidente au problème démographique du Japon serait de faire appel à une large échelle à de l’immigration. Mais les japonais, très attachés à leurs particularismes culturels, y sont fermement opposés.

La manière dont le Japon contiendra son déclin pourra servir d’exemple aux pays développés.