Chonique politique hebdomadaire du vendredi

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             L’Occident, les Etats-Unis en tête, devront réviser leurs certitudes. L’axiome selon lequel le développement d’une société ne peut se concevoir qu’après  avoir, au préalable, installer la démocratie, est mis en pièces par le président chinois, Xi Jimping.

La Chine est devenue la deuxième puissance économique du monde, sans pour cela être devenue un exemple de démocratie. Xi Jimping, l’Empereur rouge, assume son pouvoir absolu et ne semble pas enclin à copier les régimes occidentaux. « La Chine n’a pas à copier mécaniquement les systèmes politiques d’autres pays » déclare-t-il au XIXe congrès du Parti communiste chinois. C’est le retour en force de la doctrine marxiste au service d’un seul homme. L’écart idéologique avec la Chine ne cesse de se creuser, ce qui pose à l’Occident de grands défis économiques et politiques.

N’en déplaise aux utopistes indécrottables, la Chine n’est plus communiste depuis longtemps, mais elle n’est pas devenue, pour autant, une démocratie exemplaire, loin s’en faut.  Comme le dirait Emmanuel Lincot, le modèle chinois est une ‘démocrature’. Ce n’est pas un régime totalitaire, mais une forme de dictature sans complexe, qui se permet de s’affranchir du dogme, en adoptant la loi du marché et en mettant en place des réformes économiques et structurelles, que nombres d’économistes du monde capitalo-libéral ne rejetteraient pas. Mais tout cela dans la prééminence du Parti, en dehors duquel il n’y a pas de salut. Xi a installé une véritable dictature, mais avec des formes de démocratisation. C’est ce que les Anciens appelaient : ‘une dictature éclairée’.

Dans son discours fleuve, après avoir lancé un sévère avertissement à ceux qui voudraient saper l’autorité du régime, il s’est, à nouveau présenté comme le défenseur d’une économie mondiale globalisée, dans laquelle la Chine n’est une menace pour personne. Il fait là une nette séparation entre les techniques de gestion de l’économie, et l’idéologie marxiste, qui pour lui, ne peut s’articuler qu’au sein de l’hégémonie du Parti.

La conquête de tous les leviers du pouvoir fait, maintenant, de Xi Jimping, le président le plus puissant après Mao. Sa doctrine, qui figure désormais dans la charte du Parti, l’a fait entrer au panthéon communiste et lui confère un statut équivalent à celui de Mao Tsé-toung. Cette consécration va lui donner une ‘autorité suprême ‘ contre qui il sera quasiment impossible de s’opposer. Avec le colossal projet des nouvelles routes de la soie de Xi Jimping, les Etats-Unis auront fort à faire pour freiner l’ascension de cette nouvelle Chine, puissante et modernisée. Pour cela, il faut que Washington stop le déclin dans lequel le pays est engagé, et qu’il reprenne sa marche en avant, économique, politique et diplomatique. Est-ce possible avec un Président comme Donald Trump ?

Car le nouveau Mao avance maintenant à visage découvert : «  Make China the Greatest Again » (Faire la Chine la plus grande de nouveau)