Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                               Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emanuel Macron, la question se pose sur l’orientation politique, économique et sociale qu’il entend donner au pays.

Le pourfendeur de la Droite et de la Gauche, a bien détruit les partis, socialiste et républicains, mais cette étape annonce-t-elle une réforme profonde et réelle de la maison France.

Il n’y a pas bien longtemps, un sénateur américain me disait : «  la France est le dernier pays communiste de la planète ». Cela m’a interpellé et m’a amené à me pencher de plus près sur les structures de l’Etat et de la société française.

L’état des lieux fait, assurément la France vit dans une économie socialiste.

Mercredi 27 octobre sera le jour de la présentation du projet initial de la loi des finances, et le jour suivant, sera celui de la loi de financement de la sécurité sociale. Il s’agira du budget de l’Etat et des comptes, sociaux de l’ordre 1260 milliards d’euros au total.

On constatera que les dépenses publiques absorbent plus de la moitié de la richesse produite chaque année (PIB). Cette mutualisation record des résultats de l’activité économique du pays fait, à n’en pas douter, de la France, un pays socialiste.

Valérie Giscard d’Estaing considérait qu’à 40%  de dépenses publiques relativement au PIB, nous sommes dans une société socialiste. Aujourd’hui, nous en sommes à 56,4%.du PIB, à égalité avec la Finlande.

Le philosophe vedette, l’allemand Peter Sloterdijk, francophile et francophone, ne cache pas son étonnement : « À en croire le vote français (l’élection d’Emanuel Macron) la période où la gauche servait à quelque chose est révolue. Pourquoi ? Parce que l’Etat en tant que tel est déjà plus socialiste qu’un Parti socialiste ne pourrait jamais le devenir. L’étatisme français contient tant d’éléments structurels du socialisme réel qu’on pourrait dire que la France vit dans un semi socialisme réel ».

À partir du moment où les choix collectifs sont prépondérants par les sommes qu’ils mobilisent, le système devient, à la lettre, socialiste : la collectivité prime sur l’individu.

« En France, le pouvoir exécutif dispose d’une armée de fonctionnaires de plus d’un demi-million de personnes et tient, par conséquent, constamment, sous sa dépendance la plus absolue une quantité énorme d’intérêts et d’existences. L’Etat enserre, contrôle, réglemente, surveille et tient en tutelle la société civile, depuis ses manifestations d’existence les plus vastes jusqu’à ses mouvements les plus infimes, de ses modes d’existence les plus généraux jusqu’à la vie privée des individus. » Qui écrit cela ? Un certain Karl Marx, qui semble avoir bien compris la singularité du modèle français. Une remarque, la France a, aujourd’hui, 5,65 millions de fonctionnaires que Karl Marx n’hésitait pas à qualifier de ‘corps parasite’ et ce dès 1869.

La France a poussé à l’extrême le socialisme bureaucratique. L’OCDE,, dans son étude annuelle 2017, relève ce paradoxe : « Le taux de syndicalisation est très bas, 7,7%, le plus faible après l’Estonie et la Turquie, en décalage avec la couverture conventionnelle qui est particulièrement prononcé ». Pendant trente ans, de 1945 à 1975, la France a été sur le plan économique une Union soviétique qui a réussi, écrit Jacques Lesourne dans son livre : Grandeur et décadence du modèle français (1998).

Où va la France aujourd’hui, c’est au Président de la République de préciser le chemin qu’il entend faire prendre aux français. On le sait libérale en économie, mais sur les structures sociales, sur son projet de civilisation, c’est le flou complet, en tous les cas, pour le moment.

Macron va-t-il faire abandonner à la France sa vieille peau socialiste pour inventer un nouveau modèle ‘Solidaro-Libéral ? Va-t-il construire une société équilibrée et apaisée, où ses différents composants trouveront une place digne, en son sein.

Emanuel Macron, sera-t-il ‘l’accoucheur’ de son époque ?