Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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       Dominique Strauss-Kahn, dans son discours du 3 octobre dernier, a enfoncé des portes ouvertes, sous les applaudissements des survivants du parti socialiste. « Les valeurs de gauche et les valeurs de droite ne sont pas les mêmes. Les deux sont nécessaires à l’équilibre de la société… »

Dès les années 68/69, les jeunes patrons (CJP) devenus plus tard, les jeunes dirigeants (CJD), soutenaient que pour la bonne marche des entreprises, les questions sociales devaient être prises en considération et le fait syndical intégré dans l’entreprise.

C’est au général De Gaulle, que les plus significatives avancées sociales, dont la gauche se pare aujourd’hui, sont dues. C’est des gaullistes, appelés par le Général « Gaullistes de gauche », qui ont été à l’origine de cette prise de conscience, des hommes qui alliaient la justice et l’efficacité, l’ordre républicain et le mouvement social.

De Gaulle, homme de droite, affirmait le primat du social sur l’économie. Opposé à l’idée de la lutte des classes, il proposait la participation qu’il définissait comme ‘la décolonisation intérieure’. Faut-il rappeler que l’on doit, également, à cet homme de droite : le comité d’entrepris, la sécurité sociale, le droit de vote des femmes, la légalisation de la pilule, la majorité à 18 ans. On peut se poser la question : où est la Droite, où est la gauche ; qu’appelle-t-on valeurs de droite ou valeurs de gauche  

L’histoire nous apprend que la gauche a toujours été nécessaire à la droite, un aiguillon qui l’empêchait de sombrer dans l’égoïsme absolu. Mais est-ce toujours vrai, aujourd’hui, à l’heure du libéralisme roi et des nouvelles technologies qui ont bouleversé le monde du travail.

Le président français, Emanuel Macron, veut démontrer que l’antagonisme droite/gauche dont se réclame Strauss-Kahn, est obsolète, loin d’être nécessaire à la démocratie. Pour lui, elle est devenue la meilleure arme pour la détruire.

Où sont passés ces valeurs de droite comme les valeurs de gauche, lorsque leurs partis, à l’unisson, acceptent allégrement l’idéologie libérale fondée sur le libre-échange, la loi du marché et l’affaiblissement systématique des Etats-nations, avec une dérégulation poussée à l’extrême.

Le clivage droite/gauche ne sert plus qu’à des fins électorales, accompagné de promesses fallacieuses de changement et de « rupture ».

Depuis que la droite a intégré la dimension sociale, la Gauche se trouve ‘nue’, n’ayant plus le « le monopole du cœur ».

N’en déplaise aux doctrinaires socialistes, l’antagonisme droite-gauche ne nourrit pas le processus démocratique. C’est l’autonomie individuelle, épanouie dans cette cellule de base de toute société qu’est la famille, avec leurs responsabilités et leurs libertés, la possibilité de tisser des liens sociaux, politiques, adossés à une culture et une histoire communes, le pouvoir de choisir et de s’exprimer, qui sont l’expression de la démocratie.

Non monsieur Strauss-Kahn, le clivage Droite/Gauche est moribond, et c’est des socialistes, comme Macron, qui sont en train de le  tuer.