Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                            La mondialisation voulait souder les citoyens de toutes les nations, dans un ensemble unit par l’économie, le marché et la standardisation du mode de vie. L’individu, la famille, le clan, la région, voire le pays, devaient se confondre dans un vague ensemble indéfini, la Mondialisation.

Le paradoxe, c’est qu’elle a abouti à installer une tendance mondiale : le réveil des identités.

La tentative du référendum catalan, s’inscrit dans cette même tendance. Partout, on constate un regain d’intensité du régionalisme, du nationalisme et des religions. Le citoyen, déboussolé par la perte de ses repaires habituels, retourne à ses racines via le communautarisme pour aboutir à un nationalisme exacerbé.

On retrouve cette vague de fond, non seulement en Europe, mais aussi dans des pays lointains comme la Birmanie, le Nigéria, les Amériques et nombre de pays européens. Le Non français au projet de Constitution européenne en 2005, le référendum (Brexit) en Grande Bretagne en 2016, la monté en France du vote FN, le rejet hongrois et polonais du multiculturalisme, les séparatistes écossais, illustrent ce réveil identitaire. Ce réveil, ethnique ou religieux, est la grande question de notre temps.

La raison veut qu’on ne démantèle pas un pays souverain comme l’Espagne, pour satisfaire l’utopie d’une indépendance invivable. On ne démantèle pas un pays souverain comme l’Espagne, pour satisfaire les égos de certains. Mais l’aspiration d’un ensemble de citoyens à plus d’identité, à plus d’autonomie et à plus de justice économique, doit être prise en considération par le gouvernement central espagnol.

Les manifestations de Barcelone s’adressent à l’émotion, plutôt qu’à l’intelligence.

La guerre des images ne peut pas occulter l’inviolabilité de la constitution. Elle est la chose la plus sacrée d’une Nation et s’impose aussi aux candidats à l’Independence  catalane.  

Pour beaucoup d’observateurs, le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy a perdu la bataille de la communication, a-t-il tort pour autant ?

Il a pour lui le droit et le sens du devoir. L’Espagne étant un tout, que pensent le reste de la population espagnole. L’immense majorité des espagnols étaient opposés à la tenue de ce référendum. Bruxelles n’a rien à voir dans cette crise interne à l’Espagne. Il faut raison garder et donner la chance au dialogue.

Si certains commentateurs considèrent que nous avons là, une défaite médiatique de Rajoy, alors elle est aussi une défaite de la raison.

La façon dont Madrid va sortir de cette crise, va avoir des conséquences sur d’autres aspirations en d’autres lieux, en particulier chez son voisin, la France.

Beaucoup de gouvernements n’ont pas fini de souffrir de ce réveil des peuples