Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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             On entend des bruits de bottes un peu partout. Chaque jour apporte des nouvelles du ‘front’, que cela soit d’une gare, d’un métro, de Mossoul où d’ailleurs. Et pourtant, les observateurs s’accordent à dire que nous bénéficions d’une longue période de paix.

En réalité, la guerre comme la paix ont changé de visage.

L’irruption de la guerre asymétrique qu’est le terrorisme, a modifié notre perception du conflit armé. Les ‘Informations’ nous parlent journellement des guerres : celle entre l’Etat islamique et la Russie, par exemple, celle des Chebab somaliens contre le gouvernement de Mogadiscio, celle du président turc Erdogan contre les autonomistes kurdes. Trois guerres fondamentalement différentes.

Le but de la guerre n’a pas changé depuis sa description, il y a 2000 ans, par l’historien grec Thucydite, dans sa guerre du Péloponnèse. La finalité d’une guerre est toujours : imposer par la force son hégémonie à un autre. Cette hégémonie peut être politique, militaire, idéologique, économique ou culturelle Mais la forme n’est plus celle où le soldat partait à la bataille, la fleur au fusil.

La première guerre mondiale, à la base, un affrontement suicide, entre la France et l’Allemagne, a ouvert, à terme, la voie à l’hégémonie américaine sur l’Occident.

 Depuis, la guerre a muté, multipliant ses visages. On peut en voir sept.

Celui de l’impérialisme, des Etats militairement forts qui aspirent à imposer leur emprise sur les autres Etats, au besoin, par la force.

Ayant renoncé aux aventures coloniales, les Occidentaux ont inventé la guerre d’ingérence, pour ‘protéger’ les populations civiles. C’est une guerre coloniale qui ne veut pas dire son nom.

L’Amérique a compris qu’elle n’avait pas besoin de faire couler du sang pour asseoir son hégémonie. La contrainte par le droit et la guerre économique, suffit.

La guerre froide, on ne se tue pas, on ne se parle pas, mais on se combat par vassaux interposés, appuyés par le combat médiatique.

La plus sanglante des guerres reste la guerre civile, l’ennemi lointain n’est jamais aussi détesté que le voisin.

Le dernier visage de la guerre moderne, est celui d’une guerre qu’on ne fait pas. C’est la guerre nucléaire, dont la possession de l’arme devient essentiellement dissuasive.

Tous ces visages de la guerre, sont en cours d’être supplantés par les nouvelles technologies, informatiques et robotiques.

Le terrorisme a ajouté aux acteurs de la guerre, soldats, officiers, diplomates, l’espion. Il a donné une place à la ruse dans la stratégie militaire. Aux dires du « polémologue » Jean-Vincent Holeindre : « sans la force, la ruse n’est rien, mais sans la ruse, la force est peu de chose ».

Le terrorisme est en train de nous imposer, non seulement une remise en question de nos stratégies militaires, mais également de nos structures sociétales et notre conception des droits de l’homme et des libertés individuelles.