Chronique politique hebdomadaire du vendredi

--------------------------------------------------------------

                            Les sept pays les plus riches de la planète, se sont réunis à Taomine en Sicile. Ce G7 s’est achevé samedi  dernier, 27 mai, avec un goût d’inachevé.

Il y a eu l’accueil de deux nouveaux, Donald Trump et Emmanuel Macron. Ceci n’a pas fait de ce G7 une réussite, loin s’en faut.

Le consensus qui a toujours prévalu lors des sommets précédents, a fait place à plusieurs désaccords remarqués, des divergences profondes, qui ont pesé sur le communiqué final. Les conclusions de ce 43e rendez-vous du G7, sont sommaires, pour ne pas dire sans portée.

 Le climat a été la pomme de discorde : «  Toute la discussion sur le climat a été insatisfaisante. » dixit Angela Merkel. Donald Trump n’a toujours pas souhaité se prononcer sur ce sujet. On peut avancer sans trop de risques, que Trump annoncera, très prochainement, le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat.

Pour la Russie, le banni du club, il a été décidé qu’il était urgent de ne rien faire, et surtout pas de recourir à de nouvelles sanctions. Pour le conflit syrien, comme pour la crise ukrainienne, il est fait appel au dialogue avec Moscou, en recherchant une solution politique.

Pour la question migratoire, le président français, Emmanuel Macron, a botté en touche en déclarant : « ce n’est un sujet ni pour le Japon, ni pour le Canada, ni pour les Etats-Unis, c’est une responsabilité européenne.»

Le seul sujet où tout le monde a été d’accord, c’est la lutte contre le terrorisme.

 Donald Trump a achevé sa première grande tournée diplomatique, en participant à ce 43e G7.

On a vu, lors de son périple, se dessiner trois grands principes qui structurent désormais l’exécutif américain.

1/ L’action du président, ses prises de parole, sont sérieusement encadrés par trois personnalités qui ont la confiance de l’establishment républicain, à savoir : le secrétaire d’Etat, Tillerson, le secrétaire à la défense, Mattis et le conseiller national pour la sécurité, le général McMaster.

2/ Le président ne fait pas de micro-management. Il délègue volontiers son pouvoir, par exemple le général Mattis (Pentagone) est libre de prendre les initiatives qu’il juge nécessaires pour la sécurité des Etats-Unis.

3/ Donald Trump a ajouté une dimension transactionnelle à toutes ses actions diplomatiques, c’est du donnant, donnant. On voit là, l’homme d’affaires pointer sous le costume du Président.

 

Lors du G7, Donald Trump a envoyé deux messages à ses partenaires du monde capitaliste libéral. Sur le commerce international, il a renoncé au protectionnisme, préconisant le passage du ‘free trade’ au ‘fair trade’. Dans le viseur, le dumping chinois. Pour les migrants, il considère, comme Macron, que c’est un problème européen. Il veut bien intervenir en Libye, mais uniquement pour éradiquer l’Etat islamique.

On peut dire que cette tournée, « historique », aux dires du président américain, a creusé un fossé entre Washington et les Européens. Cela pourrait être un

réveil salutaire, pour la poursuite de la construction européenne.

Il faut noter qu’à ce G7, au bilan décevant, ont participé aux discussions : la Tunisie, l’Ethiopie, le Kenya, le Nigéria et le Niger. Pourquoi ces Etats et pas d’autres, mystère !