Chronique politique hebdomadaire du vendredi. Elle est encore cette semaine, franco-française. Les évenements l'imposent, la semaine prochaine, la géopolitique reprendra ses droits.

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Les circonstances ont voulu que je sois à Paris, lors de la passation du pouvoir : Hollande/Macron. L’occasion de constater de visu, l’absence du peuple aux Champs Elysées, lors de la montée traditionnelle de l’avenue mythique, par le nouveau Président de la République française, Emmanuel Macron.  Les caméras des télévisions nationales, toujours « bon enfant » ont zoomé sur les badauds agglutinés autour de l’Arc de Triomphe, évitant, avec soin, de montrer l’absence d’enthousiasme tout au long du parcours du président Macron.

Si les salons de l’Elysée, aussi bien que ceux de l’hôtel de ville ont fait le plein des invités, on ne peut pas dire autant des espaces réservés au public.

Pour sa visite protocolaire à l’Hôtel de ville de Paris, la mairesse Hidalgo n’a pas cessé de faire appel aux Parisiens de venir nombreux sur l’esplanade de la Mairie, fêter dans la liesse (sic) le nouveau président de la République française. Peine perdue, l’esplanade était au trois quart, vide.

Le peuple de France donnait l’impression qui ne se sentait pas concerné par l’événement.

Il a démontré, par son vote, qu’il ne voulait pas de Marine Le Pen, mais n’a pas non plus plébiscité le candidat Macron.

Le peuple est dubitatif et amusé en même temps, par la jeunesse et le culot du jeune Macron.

La France est un vieux peuple qui ne croit pas aux contes de fée. Il est très conscient que les intérêts privés, les grandes banques et les multinationales grignotent, peu à peu, ce qui reste d’espace public, en s ‘appuyant sur des structures supranationales comme l’Union européenne ou l’OMC.

La question lancinante, qui n’a, à aucun moment, été abordée durant la campagne présidentielle, par les candidats : l’extraterritorialité du droit américain, une arme Juridique bien utile aux Etats-Unis, pour mener une guerre commerciale contre leurs supposés alliés.

Qui, dans cette campagne, a mis en avant le fait que l’indépendance de la banque centrale européenne et l’obligation faite aux Etats de se financer auprès des marchés, (pour la France, depuis 1973), privent les gouvernements de toute possibilité de mener la politique pour laquelle les citoyens ont voté. Aucun des grands enjeux n’a été abordé. Le second tour s’est résumé en un référendum : pour ou contre Marine Le Pen.

Si Donald Trump, le président américain, a été élu contre les Médias, Emmanuel Macron, serviteur de l’Etat maastrichtien, a été élu dans le fauteuil du général de Gaulle, avec l’aide des Médias.

Certains observateurs considèrent que l’on est entré dans un nouveau monde, dont Emmanuel Macron est le produit. Un nouveau monde, où la religion et la politique se sont effacées au profit de la technocratie et du marché. Si ce grand basculement s’est accompagné d’une avancée de l’autonomie humaine, il a laissé place à un grand vide idéologique et existentiel.

Le peuple de France, inconsciemment, ressent toutes ces contradictions, ce qui explique, peut-être, son manque d’enthousiasme à fêter une victoire, qu’il ne ressent pas sienne.