Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                À 48 heures du vote, comment ne pas parler de l’élection présidentielle française ?

La campagne m’a rappelé ces rencontres de femmes, à la belle époque. Elles parlaient chiffons et évitaient d’aborder les choses sérieuses, du ressort des ‘autres’.

On a parlé beaucoup de costumes, d’indemnités, du sexe des anges, la droite et la gauche ayant disparues, aux dires de certains. Les mêmes qui ont transformé la marche ‘en avant’ en arrière toute.

On aura parlé peu ou prou, des syndicats moribonds, beaucoup de l’islamisme, peu des catholiques de la France profonde.

Nombre de grands sujets sont restés les parents pauvres et occultés de la campagne présidentielle. Est-ce parce que l’on juge les sujets trop ‘pointus’ pour les aborder avec le citoyen lambda ? Est-ce que ces sujets dépassent la capacité de compréhension et de maîtrise, des candidats ?

Le débat à onze du 4 avril, a été pitoyable à cet égard. Certains candidats avaient leur place au « café du commerce » plutôt qu’au micro d’une télévision nationale. Ils ont du enregistrer leur intervention, qu’ils doivent se repasser en boucle, heure de gloire laissée en héritage à la progéniture.

On a eu droit à tout : à la surenchère sociale et financière, au provincialisme le plus étriqué, à la démagogie souvent antieuropéenne.

L’avenir de l’Europe, le poids de la dette, la menace islamo-terroriste et la violence qui la précède, les guerres qui à notre porte, constellent le proche et le Moyen-Orient, les candidats, à l’exception d’un ou deux, les ont considéré trop sensibles pour être aborder durant une campagne électorale.

Pourtant, l’actualité ne manque pas de nous rappeler, chaque jour, les atrocités commises par les parties en guerre au Moyen-Orient, les nettoyages ethniques et religieux poursuivis par les djihadistes. Comment, la France, fille ainée de l’Eglise, a-t-elle abandonné à leur triste sort, les chrétiens d’Orient.

Le multiculturalisme, prôné par certains, est-il la bonne réponse ? La campagne présidentielle a été silencieuse sur ce sujet qui s’apparente beaucoup plus à « non assistance à personne en danger ».

On aurait aimé que ces candidats, sûrs d’eux-mêmes, de leurs connaissances et expertises, nous parlent de la surexploitation des richesses naturelles, de leur épuisement et de la voie à suivre en la matière. Devant un monde en évolution, où certaines grandes puissances veulent imposer leur modèle d’ordre mondiale, on aurait aimé qu’ils nous exposent leur stratégie géopolitique en la matière.

Sont-ils incapables de débattre, face à la guerre qui gronde ou aux migrations qui risquent de renverser l’Europe et le Maghreb, de l’installation d’une dictature turque, à la porte de l’Europe ?

Dans ces conditions, jusqu’à quand, l’Europe va demeurer un isolat pacifique et opulent, objet de toutes les convoitises migratoires. Personne n’est d’accord sur ce qu’il conviendrait de proposer aux peuples extérieurs et aux migrants.

Un grand nombre de candidats n’avaient rien à voir avec cette élection présidentielle. Ces candidats de témoignage, ont tiré le débat vers le bas. On est tenté de dire : « tout ça pour ça ? », est-ce une présidentielle pour rien ?

Les français vont voter dimanche, savent-ils ou ont-ils conscience qu’au delà du nom, ils vont voter pour un choix de société ?