Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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              Le basculement de la stratégie géopolitique des Etats-Unis vers le Pacifique, a plongé les pays du Golfe dans l’incertitude et l’inquiétude. Washington a pratiquement abandonné la région aux Russes et aux Iraniens.

La montée en puissance de l’Iran, depuis l’accord nucléaire intervenu avec l’Occident, Amérique en tête, illustre, en termes de lutte, non armée pour le moment, la rivalité Sunnites/Chiites.

Au delà de la course au leadership entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, se pose la question de la sécurité pour les pays sunnites, dépourvus aujourd’hui du parapluie américain, auquel ils ne croient plus. L’histoire récente, abonde d’exemples : le Shah d’Iran, Kadhafi en Libye, Moubarak en Egypte.

Aussi, les pays sunnites, spécialement ceux du Golf, misent, aujourd’hui, sur Israël, pour leur sécurité.

La nouvelle administration Trump, poursuit le retrait d’Europe, du Maghreb, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, suivie en cela par l’Union européenne. Ils ont laissé le champ libre à la Russie et à la Chine, pour leur grand Eurasie, à travers la nouvelle route de la soie que Xi, le Président chinois construit patiemment depuis 2003.

 Ceci a poussé l’Arabie Saoudite à envisager un partenariat avec Israël. Les 21 et 22 février dernier, les hauts responsables des services de renseignement, ont rencontré, discrètement, leurs homologues à Jérusalem. Le projet iranien, ‘Riad d’abord’, qui consiste à élargir le rayon d’action des Scud-C et D de 100 kilomètres, inquiète au plus haut point, la capitale saoudienne. Cette inquiétude est d’autant justifiée, que l’Iran est déjà très active dans la région, en particulier au Yémen, à la porte de Ryad.

Une réunion secrète à Bruxelles, en février dernier, entre une délégation iranienne et des représentants de Mahmoud Abbas et du Hamas, a acté le rapprochement des Palestiniens avec l’Iran. De ce fait, Ramallah et le Hamas ont perdu le soutien et l’aide des pays du Golfe.

Les évènements s’accélèrent et mettent au rancard les vielles grilles de lecture.  Il faut rappeler que déjà, le 27 novembre 2015, Israël avait envoyé une mission diplomatique à Abu Dhabi, aux Emirats Arabes. L’Arabie et les Emirats sont persuadés que leurs relations avec Israël, ont permis, d’ors et déjà,  de contenir l’Iran dans ses projets agressifs.

Aujourd’hui, les pays sunnites s’éloignent de l’idéologie, de la conception internationaliste arabe, en priorisant leurs intérêts directs. Sécurité, développement économique et technologique en deviennent les mots clés. Les produits de haute technologie et ceux de pointe pour l’Agriculture, ont aujourd’hui, droit de cité en Arabie saoudite. Les Emirats ont acheté en 2011, pour plus de 300 millions de dollars, en armements militaires israéliens.

La coopération se poursuit dans des projets structurants comme le percement du canal des deux mers (mer rouge et mer morte) dont la construction est prévu en 2018.

Dans tous ces projets, les Etats-Unis sont exclus. La Russie est en train de devenir la puissance militaire de référence de la région, et Israël l’assurance des pays sunnites.

Devant cette évolution, la fin de l’antagonisme israélo-palestinien se trouve programmé et la paix devient crédible, fruit d’un accord global entre les pays arabes de la région, y compris les Palestiniens et Israël.