Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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                                Les campagnes électorales, présidentielles ou législatives, se succèdent un peu partout dans le monde. Aux Etats-Unis, comme en Europe, elles illustrent, aujourd’hui, un rejet des élites par le corps électoral et un divorce patent avec les Médias.

En Amérique, Donald Trump se passe des Médias, et s’adresse directement aux citoyens américains, par des twests rageurs. Il est, pour cela, applaudit par une classe moyenne qui ne se retrouve plus dans le discours des hommes politiques de Washington.

En France, la Presse, dans son ensemble, a perdu de sa crédibilité auprès des français, par ses outrances et ses lynchages partisans.

Il ne s’agit pas de populisme, mais d’une exaspération légitime du peuple devant le gâchis, « politiquement correct », qu’il constate. Il ne suffit plus de brandir l’anathème, pour éviter d’être confrontés aux exigences du réel. Le peuple veut être entendu et compris.    

Le problème n’est plus entre la droite et la gauche, mais entre ceux qui se penchent sur les aspirations du corps électoral et ceux qui s’obstinent dans la négation des vrais problèmes. Ils ne veulent les voir qu’au travers du prisme déformant des thèmes conventionnels.

On parle beaucoup de l’Islam de France et on passe sous silence l’Eglise de France. Les deux sont estimables, mais cela ne change en rien les réalités du pays. La France est toujours la fille ainée de l’Eglise, et si un des éléments majeurs de l’arithmétique électorale a été, jusqu’à aujourd’hui, les électeurs issus de l’immigration, les catholiques de la France profonde, en sont l’élément principal.

Les sondages et les discours orientés, ne changeront pas les réalités sur le terrain. On va encore une fois, comme pour les primaires de la droite, constater que l’on avait tout faux.

André Malraux avait déclaré : « le XXIe siècle sera religieux, ou ne sera pas ». Le renouveau de la spiritualité, un peu partout dans le monde, lui donne raison. Les mosquées sont pleines le vendredi, et les églises enregistrent une nette augmentation de la fréquentation. Les grilles de lecture du monde qui nous entoure, sont obsolètes et nous mènent droit dans le mur.

Le quatrième pouvoir, les Médias, est en perte de vitesse, et les hommes politiques professionnels deviennent inaudibles. Le système ne fonctionne plus. La société civile refuse le despotisme des élites, qu’elle considère dépassés.

La gauche institutionnelle s’étiole, s’anémie, à force de persister à appeler populisme, l’aspiration des citoyens à être entendus. En France, comme aux Etats-Unis, on s’est obstiné à nier la crise identitaire que traverse le peuple. On a vu la surprise électorale en Amérique. Les mêmes causes, ayant les mêmes effets, on est en droit de penser que la France risque d’avoir des lendemains douloureux, après le deuxième tour de l’élection présidentielle.

Aujourd’hui, en France et ailleurs, se mettre à dos la machine politico-médiatique, devient un brevet de compétence. On constate une déconnexion, toujours plus grande, entre les élus et le corps électoral.

L’irruption d’Internet a réduit grandement l’influence de la presse écrite. La société civile vit l’événement en temps réel  et intervient parfois violemment.

Allons-nous vers une nouvelle forme de démocratie ?