Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Aujourd’hui, vendredi, cela va faire 8 jours que Donald Trump aura été sacré le 45em président des Etats Unis.

Huit jours que Donald Trump est Président, et déjà le Monde a changé.

Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il faut lui reconnaître qu’il fait ce qu’il dit et qu’il tient à ses promesses de campagne.

On dit des politiques qu’ils promettent souvent la lune, car les promesses ne lient que ceux qui les reçoivent. Trump bouscule toutes les règles reconnues jusque là, et tambour battant, s’attaque à l’ordre établi. Il tétanise les corps diplomatiques, Inquiète les bénéficiaires de rentes de situation, désespère ses opposants et conforte son camp.

Il mène des « guerres » sur plusieurs fronts à la fois. Contre la communauté du renseignement, à laquelle il rappelle qu’elle est au service du pouvoir politique et non l’inverse ; contre la presse, à laquelle il nie son rôle de censeur, lui reproche ses jugements partisans et la « déformation des faits ». Aussi, imitant en cela le général De Gaulle, qui s’adressait directement au peuple, pardessus les partis politiques, Donald Trump s’adresse directement aux citoyens américains, par Tweeter ou Facebook, s’assurant ainsi que son message n’est pas déformé par les commentaires malveillants des journalistes.

Deux guerres à l’issue incertaine, mais qui risquent de changer la façon de faire de la politique.

Après un début de semaine au pas de charge, signant une douzaine de décrets Trump, tient le rythme et s’attaque à l’immigration illégale dont il veux freiner le flot, par des mesures décriées par nombre d’associations américaines.

Les manifestations anti-Trump continuent. Elles soulignent la cassure de la population, où les « bien-pensants » accentuent le fossé existant aujourd’hui, entre les élites et le peuple, ce peuple qui a porté Donald Trump à la magistrature suprême.

En une semaine, depuis son installation dans le bureau ovale, le 45em président des Etats-Unis a commencé à concrétiser le changement promis. Peu importe les oppositions au sein même de son administration, pour Trump, la priorité est de montrer qu’il se bat pour les intérêts américains et qu’il tient ses promesses. Il déstabilise, c’est ce qu’il cherche, sans nul doute. L’homme n’a peur de rien, ne doute de rien non plus. Les chancelleries, médusées, n’ont d’autre choix, que de « faire avec ».

Aucun décalage entre le discours et les actes. Il réjouit certains, et en désespère d’autres. Les citoyens américains qui sont las du verbiage des politiques, voient dans cette tornade, une bouffée d’air frais. Notre monde est un foutoir complet, dit-il, il a besoin d’être bousculé. Il a peut-être raison.

Ces postures sont-elles tenables dans le temps ? Vraisemblablement pas, car si la fermeté a ses vertus, la brutalité a ses limites. En une petite semaine, Donald Trump a déjà chamboulé l’ordre établi. Il a commencé le démantèlement de l’assurance maladie, l’obamacare, attaqué l’immigration illégale, lancé la construction du fameux mur à la frontière mexicaine, remis en cause les accords de libre-échange, l’énergie, les réglementations fédérales et la gestion de l’administration.

Contrairement aux cassandres, qui prévoyaient une crise financière, la bourse américaine bat tous les records et entraine dans sa remontée, la plupart des places boursières dans le monde. Trump n’entend pas barricader son pays hermétiquement et vivre en autarcie. Il veut privilégier les accords commerciaux bilatéraux. En attendant, cette nouvelle orientation économique, laisse le champ libre à la Chine, qui poursuit le développement de sa zone d’influence au Pacifique et ailleurs.

  Trump a trouvé le temps de s’impliquer, à sa façon, dans le problème du changement climatique, qu’il nie. Toutes les références au plan action-climat d’Obama, de même que les stratégies de réduction d’émissions de méthane pour 2014 et 2015, doivent disparaître.

Dans sa mobilisation contre le terrorisme et l’Etat islamique, il veut inscrire l’organisation des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes, satisfaisant ainsi une demande de l’Egypte et des Emirats arabes unis.

Le monde, perplexe et interloqué, attend la suite des événements, le mot d’ordre est : « Wait and see ».