Voici ma chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Aujourd’hui, vendredi 20 janvier 2017, Donald Trump a prêté serment et a été intronisé 45em Président des Etats Unis.

Mais, à peine investi, il est déjà cerné par les irréductibles anti-Trump, qui refusent la défaite de leur champion, Hillary Clinton. Cette situation exceptionnelle, pour une Amérique fière de sa démocratie, ces attaques incessantes, voir injurieuses sont en train de le rendre acceptable. Ereinté par les prêcheurs du politiquement correct, il en devient estimable.

Ils auront été près d’un million, à assister à la consécration du plus populiste président que l’Amérique n’a jamais eu. L’absence des 69 élus de l‘aile démocrate du Congrès qui avaient annoncé qu’ils boycotteraient la cérémonie, est passée inaperçu dans la masse populaire.

Des manifestations anti-Trump se sont succédées à Washington, et la presse ne cache rien de la répulsion que lui inspire celui qui a gagné, en lui tournant le dos. Tweeter et Facebook lui avaient suffit. On découvre une Amérique intolérante, mauvais perdants, les démocrates réclamant le respect de leur opinion, mais n’en témoignant aucun à leurs contradicteurs.

Trop, c’est trop, et au pays de la démocratie, le choix du peuple et des grands électeurs est refusé par une caste convaincue de sa supériorité. Ces jours-ci, en Amérique, il ne fait pas bon de donner l’impression que l’on pactise avec le diable, Donald Trump, quand on fait partie de l’élite libérale du pays.

Oui, Trump est un personnage aux mauvaises manières, machiste avec un côté clinquant, il ne considère pas les minorités, par définition, intouchables. Mais l’électeur se retrouve en lui, et le considère comme un des leurs, capable de bousculer l’ordre établi, un ordre qui les ignore et pénalise. Les électeurs l’ont chargé de porter la guerre chez les élites, dont ils ne veulent plus la condescendance. Oui, il est le plus impopulaire (40% d’opinions favorables) des Présidents américains au début de leur mandat, mais son style a l’air de donner déjà des résultats : Ford annule un  projet d’usine au Mexique au profit d’un investissement dans le Michigan, Fiat-Chrysler annonce la rapatriement d’une production de véhicules, General Motors promet d’investir un milliard de dollars, Carrier (climatiseurs) va sauver 1000 postes, Amazone annonce 100.000 emplois et Walmart 10.000. Il va être difficile pour les orphelins de l’obamania de faire barrage à ce monstre de certitudes qui bouscule l’ordre établi, non sans un certain succès.

Les experts qui prévoyaient le pire, sont obligés de faire amende honorable, la bourse américaine s’est envolée à l’annonce de la victoire de Trump, et le mondialiste, George Soros, qui avait parié sur la frayeur des marchés, aurait perdu près d’un milliard de dollars. Même le FMI qui voyait un crash, à New York et à Londres, est forcé de constater que ce crash annoncé, a laissé place à une euphorie financière et boursière.

La force de Trump est qu’il dit tout haut, ce que le citoyen lambda américain n’ose pas crier.

Ses objectifs sont clairs et répondent à l’angoisse de la classe moyenne américaine.  Face aux effets de la mondialisation et à la frustration donnée par une économie américaine qui a repris des couleurs, mais n’a profité, à ce jour, qu’à une petite frange de la population, cette classe, a décidé de reprendre en mains sa destiné. Trump a trouvé les mots pour les convaincre qu’il était l’homme de la situation.

Pour beaucoup d’observateurs, la levée de boucliers qui cerne Trump, est une forme d’hystérie non justifiée.

Les gouvernements, bon gré mal gré, se sont pliés aux exigences de l’internationalisation de l’économie qui n’a cessé depuis 1945. Mais la crise de 2008 a marqué l’essoufflement de la mondialisation et aujourd’hui, son rejet par nombre de populations. Donald Trump, va-t-il lui porter le coup de grâce ? L’avenir proche va nous le dire. L’heure du divorce entre l’Amérique et ses multinationales, clé de voûte de la mondialisation, a-t-elle sonné ? difficile à dire. L’ex-secrétaire au Trésor de la présidence Clinton, Lawrence Summers, disait déjà : « Nous avons besoin de réorienter le dialogue économique mondial vers la promotion d’un Nationalisme responsable plutôt que vers une intégration internationale, qui serait une fin en soi ».

Michel Candessus, directeur du FMI de 1987 à 2000, disait lors du Forum des Bernardins : »Nous sommes devant le défi de mettre en place une gouvernance mondiale reposant sur la liberté des peuples et non sur la conquête et la domination de quelques uns ».

Le bras de fer qui s’annonce entre les Etats Unis et la Chine risque de finir, tôt ou tard, par un sommet Pékin/Washington, un Yalta à deux.