Chronnique politique hebdomadaire du vendredi.

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Il est indéniable que les Etats Unis sont en retrait, actuellement,  sur la scène internationale. Les dernières élections présidentielles et la transition chaotique à laquelle on assiste à Washington, peuvent expliquer cet effacement relatif de la diplomatie américaine, mais pas tout.

À l’inverse, l’activité diplomatique de Pékin est loin de la discrétion dont la Chine, jusqu’à présent, a fait preuve.

Mercredi prochain, le 18 janvier 2017, le Président chinois, Xi Jinping, va faire une visite d’Etat en Suisse. Il se rendra au siège européen de l’Organisation des Nations Unies, où il sera accueilli par le nouveau secrétaire général de l’organisation,  le portugais Antonio Guterres et le président de l’Assemblée générale, Peter Thomson, des îles Fidji.

C’est sans doute, l’une des plus importantes interventions d’un chef d’Etat pour la Genève internationale, depuis de nombreuses années.

C’est depuis la tribune de la Salle des Assemblées, que le président chinois appellera à renforcer l’ordre mondial dans un cadre multipolaire. Pour Pékin, Genève est le centre du multilatérisme. La Chine veut promouvoir la globalisation et maintenir l’ordre actuel du monde, à contre-courant ? Peut-être.

Pour la première fois, un président de la Chine va participer aux travaux du monde capitaliste à Davos, cette année. Dans la station grisonne, le président chinois sera la vedette d’une édition dominée par les craintes du populisme, les effets de l’arrivée de Trump au pouvoir et la vague antimondialiste qui inquiète Pékin. ‘La gouvernance économique reste l’essentiel, explique Jiang jianguo, ministre directeur général du bureau de l’information du Conseil des Affaires d’Etat.

Cela n’empêche pas la diplomatie chinoise de poursuivre son action d’investissement des organisations internationales, pour en faire un centre d’influence politique. Après avoir eu l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce, dans ses priorités, il y a quelques années, elle est parvenue à élire, pour la première fois, l’un de ses candidats, la Hongkongaise Margaret Chang, à la tête de l’OMS (la santé). Il y a deux ans, le chinois Zhao Houlin, était nommé au poste de secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Aujourd’hui, la mission chinoise auprès de l’ONU est la plus importante de Genève, avec 67 diplomates accrédités, devant les Etats Unis et la Russie.

On constate un activisme beaucoup plus marqué des diplomates chinois depuis un an.

À la dernière Assemblée générale de l’ONU à New York, la 70e, Xi Jimping avait donné le signal d’une nouvelle approche dans les affaires internationales : « Nous devons construire un nouveau type de relations internationales… »

On assiste à une nouvelle étape de l’histoire de la Chine : la conquête du leadership mondial.

Après avoir supplanter l’Amérique en Afrique, Xi Jimpling profite de la brèche ouverte par les hésitations de Barak Obama et l’année électorale écoulée, les interrogations que se pose le monde par l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, pour pousser ses pions bien au-delà du Pacifique, sa zone d’influence.

L’arrivée de l’isolationniste Trump, renforce l’activisme de Pékin, confiant que les rapports de force dans l’Asie du Sud-Est sont en train de tourner à son avantage.

La Chine proscrit l’unilarérisme, la monopolisation et l’exclusivisme, déclare le ministre chinois, Jiang Jianguo.

Après la Pax America, allons nous connaître la Pax China ?