Parfois, il ne faut pas hésiter à appeler un chat, un chat, au risque de passer pour Cassandre.

Voici ma chronique politique gebdomadaire du vendredi, beaucoup plus un avertissement, qu'un commentaire.

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Donald Trump a apporté dans ses bagages de Président élu, outre ses outrances de campagne, un homme que certains considèrent son guru : Steve Bannon. Il est vrai que le patron de Breitbart News a joué un rôle central dans l’élection de Donald Trump. Son site est unanimement accusé d’extrémisme, de xénophobie, de tentations fascisantes et de dérives conspirationnistes. Bannon les écarte d’un revers  de la mains, Il traite les élites libérales de myopes,  car elles ne voient pas la justesse de ses analyses. Je suis un nationaliste économique dit-il.

Le personnage est atypique, à la fois messianique et opportuniste, éminence grise, idéologue et agitateur. Son message est centré sur l’emploi pour tous, le retour des usines, la souveraineté économique, le contrôle des frontières, la lutte contre l’islamisme radical, le Loi et l’Ordre.  Pour lui, les démocrates, les modérés et les bobos ont perdu de vue le monde réel.

C’est en 2012 que Steve Bannon succède à la tête de Breintbart News, au décès de son ami Andrew Bretibart. Le cite qui annonce 37 millions de visiteurs est la cible de nombreuses attaques, non pour sa servilité envers Trump, mais pour ses provocations racistes et sexistes. Pour Bannon, l’islamisme radical est « un clash civilisationnel mondial. » Il se considère la plateforme de l’Alt-Right, une extrême droite dominée par un nationalisme blanc, menacé par l’immigration et le multiculturalisme. Il se proclame le défenseur de la tradition américaine, fondamentalement européenne et judéo-chrétienne.

C’est cet homme, que Donald Trump a choisi comme stratège en chef et conseiller spécial du Président. Il en fait ainsi l’un des hommes les plus influents des Etats-Unis. À la Maison Blanche, il sera en charge de la vision, du récit, des objectifs et du plan d’attaque. Donald Trump aura la Présidence, mais c’est Bannon qui assurera le mouvement. « Nous allons bâtir un courant politique entièrement nouveau, promet le stratège Bannon. Les Américains en ont assez de se faire rouler. Si nous réussissons, nous aurons 60% du vote blanc, 40% des Noirs et des Hispaniques, et nous gouvernerons pendant cinquante ans. »

On remarquera qu’on parle peu du reste du monde, quantité négligeable devant le retour de la grande, de la vraie Amérique. Révision déchirante pour beaucoup, le parapluie américain est à mettre aux utopies du passé. Comme Trump l’a déclaré maintes fois, l’Amérique n’a pas à être le gendarme du monde. Leurs slogans résument le fondement de leur politique : : l’Amérique d’abord, il n’y a de vrai que le « Made in América ».

Cette nouvelle équipe qui se profile à Washington, pour laquelle rien n’est sacré, ni les engagements, ni les accords signés par le passé, fussent-ils par les Présidents précédents,  veut faire table rase du passé, rappelant ainsi, un totalitarisme de sinistre mémoire.

Nouveau Raspoutine chez les Tsars, nouveau Cromwell chez les Tudor, Bannon, notre révolutionnaire « new look » sera en charge de l’action. Hier encore marginal, le voici nanti d’une capacité d’influence et de nuisance, uniques, pour accomplir son grand dessein : « l’extension de la colère ; » Il prophétise une révolution politique aux Etats-Unis, et une révolte populiste mondiale.

  Bonjour les dégâts !