Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Esclaves du « politiquement correct » les responsables  européens et les autres, n’ont pas vu venir l’invraisemblable, l’élection de celui qu’ils appelaient, il n’y a pas longtemps, le Clown.

Après l’élection de Donald Trump à la Présidence des Etats-Unis, les réactions des dirigeants européens, à de rares exceptions, n’ont pas été à la mesure des défis posés par le vote des citoyens américains. L’Europe ne semble pas réaliser la révolution sociétale, économique et géostratégique, qui vient de se produire en Amérique, et qui va frapper également l’Europe, tôt ou tard. Trump remet en cause l’ordre libéral international, qui a tant profité aux Européens.  Deux fondamentaux de la prospérité européenne, sont remis en cause par les options stratégiques du Président élu : un éloignement de l’OTAN, et la mise en place des barrières douanières. On voit poindre à l’horizon, une guerre commerciale dévastatrice, accompagnée d’un coup de frein à la mondialisation. Le libre-échange ne résistera pas à l’imposition de droits de douane de 35% avec le Mexique, 45% avec la Chine et 10% avec le reste du monde, Europe comprise.

Dès lors, vont s’enchainer les représailles commerciales et monétaires qui feront voler en éclats le système économique.

Pour certains observateurs, l’élection de Trump marque le krach de la démocratie. Elle découle de la déchirure du corps politique et social des nations libres, qui a été nié.

La réalité est que son élection doit tout à la révolte des électeurs contre le système politique, l’établishment et les médias. Aux quels il faut ajouter le rejet des politiciens professionnels.

Le poids de la fonction présidentielle et les dispositions de la Constitution américaine, qui veillent à la séparation des pouvoirs, permettront peut-être, de modérer l’élan populiste de Donald Trump.

Entre les élites supposées et les classes moyennes et populaires, un abime s’est creusé, pas seulement aux Etats-Unis. L’Europe, si elle ne parvient pas à donner un coup d’arrêt au populisme, lui abandonnera le gouvernement du monde libre et actera ainsi le déclin de la civilisation occidentale. Charles Péguy ne déclarait-il pas que « la guerre contre la démagogie est la plus dure de toutes les guerres ».

Il faut craindre la poursuite d’un processus de prise de pouvoir par les populistes. Il y a eu Poutine, Erdogan, Orban, Xi Jinping et maintenant Trump : des dirigeants nationalistes et autoritaire d’un nouveau type, loin de la démocratie fondamentale, experts de l’arithmétique électorale.

Sur le plan international, il faut s’attendre à des remises en cause : rapprochement avec la Russie, raidissement avec l’Iran et la Turquie, soutien sans pareil d’Israël et vraisemblablement l’enterrement du « pivot » vers l’Asie initié par Obama.

Questions sans réponse :

-       Pourquoi les Alliés historique de l’Amérique s’inquiètent-ils ?

-       Pourquoi la politique de « rééquilibrage en termes géopolitiques, n’a pas été un succès ?

-       Pourquoi le revirement des Philippines ?

-       Pourquoi les Etats-Unis peinent-ils à contrer l’influence grandissante de la Chine ?

On pouvait lire, il y a quelques jours, dans le Washington Post ; « Nous sommes, à deux ou trois mauvaises élections, de la fin de l’OTAN, de la fin de l’Union européenne et peut-être, de l’ordre libéral du Monde tel que nous l’avons connu ».

Heureusement, le pire n’est jamais certain