Nous sommes vendredi, le jour de ma chronique politique hebdomadaire.

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L’OTAN, organisation du traité de l’Atlantique Nord, est une entente politico-militaire qui regroupe un certain nombre de pays occidentaux. Son but, assurer une défense commune contre les menaces extérieures et assurer la stabilité du continent européen.

Elle a été mise en place, dans le cadre de la guerre froide, entre les deux blocs, EST/OUEST. Cette organisation a effectivement, des structures multi-nations, une assemblée parlementaire, présidée par des Européens, un parlement, ignoré totalement par l’opinion publique européenne, et une  structure militaire, essentiellement américaine, sous commandement suprême américain. Si administrativement elle est une organisation quelque peu européenne, elle est militairement, assurément, une machine de guerre américaine.

 Charles De Gaulle, le Président français, à l’époque, en avait tiré les conclusions logiques, en décidant le retrait de la France de l’organisation, le 6 juin 1966. Il avait en outre, exigé de Washington qu’elle démonte ses bases militaires existantes sur le sol français.

C’est Nicolas Sarkozy qui décidera du retour de la France dans l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Annoncé par le président français le 11 mars 2009, il deviendra effectif le 13 mars de la même année.

Depuis, l’organisation a bien changée. Elle ne se borne plus à  défendre les Etats membres européens, mais, elle élargie sa zone d’intervention géographique, au grès de la stratégie élaboré par les hommes du Pentagone. La Libye, le Kosovo par exemple, illustrent ce détournement des objectifs du traité.

L’Alliance atlantique s’est réunie vendredi 8 et samedi 9 de juillet dernier, à Varsovie. Ce sommet a été dominé par le problème des relations avec la Russie et ceux posés par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Il est incontestable que c’est un revers pour Washington, qui perd son « cheval de Troie » à l’intérieur de l’Union européenne. Il lui faut, maintenant, trouver un autre partenaire, capable de promouvoir ses intérêts économiques et géopolitiques. Pas facile, l’Allemagne n’est pas aussi fiable que n’a été le Royaume-Uni, elle est riche, mais timorée au plan stratégique, aux dires de certains diplomates américains à Bruxelles. La France est imprévisible et inclassable. De nouveaux équilibres devront s’établir. C’est également un problème pour l’Otan, car l’Union perd un des deux partenaires militairement crédible et de surcroit, puissance nucléaire. En fait l’équilibre militaire européen est mis à rude épreuve par le Brexit.

 Pour la Russie, il suffit de lire les titres des journaux, pour constater que la diabolisation de la Russie par les Etats-Unis, en cela relayée puissamment par le commandement suprême de l’OTAN, est en cours : «  La Russie dans le viseur du Sommet de l’OTAN », « l’Otan fait front commun contre la Russie », «Un sommet de l’Otan à Varsovie, le regard tourné vers Moscou ».  Cette entreprise de diabolisation ne prend pas chez tous les membres du Traité. La France est réticente à suivre dans cette voie Washington, et Merkel prône le dialogue, poussée par le SPD, le Parti social-démocrate. La Pologne, avec les pays Baltes, par contre, jettent de l’huile sur le feu. Mauvais souvenir de cette Pologne, à l’origine de la deuxième guerre mondiale.

À voir le déploiement décidé par le Sommet, on peut raisonnablement penser qu’on est au bord de l’irrémédiable. Le Sommet de l’OTAN a décidé : la mise en place d’un bouclier antimissiles en Roumanie, le déploiement de 1000 soldats américains pour renforcer le flanc oriental face à la Russie, l’envoie de 4 bataillons multinationaux en Pologne et dans les pays Baltes, ceci s’ajoutant aux avions US stationnés dans l’Est et quelques tanks déployés récemment.

Les Américains, poussent-ils l’OTAN à l’incident, veulent-ils réellement un affrontement avec la Russie ?

Non,  ils savent que Poutine ne se contentera pas d’une guerre conventionnelle et qu’il ira directement à l’affrontement nucléaire. Il l’a dit et redit. Non, la manœuvre, outre celles de mettre aux pieds de l’Amérique, la Pologne et les anciennes républiques soviétiques, est une sordide histoire de sous. Obama l’a dit, lors de ce Sommet : » les Européens doivent contribuer plus largement aux besoins de l’OTAN.

Pendant ce temps, des hauts responsables américains, civiles et militaires, font des déclarations destinées à Moscou : « la Russie n’est pas un ennemi, tout peut être résolu par le dialogue ». 

Ce à quoi répond Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe : « l’Otan s’étend toujours plus près de la frontière russe, ce déploiement est la source de tous les problèmes systémiques qui ont surgi dans les relations que la Russie entretient avec les Etats-Unis et l’Union européenne ».

À Bon Entendeur……