Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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De Gaulle avait toujours dit, que le Royaume-Uni n’avait pas sa place dans l’Union Européenne. L’Angleterre est une ile, et le restera toujours, avait-il ajouté.

Ce n’est pas l’Europe économique que le peuple britannique a rejetée. Il a dit Non à l’Europe politique. Il a dit Non à cette société que Bruxelles veut nous vendre, une société d’apatrides, sans racines, tournant le dos à la famille. Ils ont dit Non à la politique migratoire de Merkel et la porte entrouverte à la Turquie.

Londres a toujours été un frein à la construction de l’Europe. Un pied dedans, un pied dehors. Toutes les avancées symboliques de l’Union européenne, la monnaie unique, les accords de Schengen, n’ont pas eu l’heur de plaire aux Britanniques. On aura remarqué que la campagne du référendum, aussi bien chez les Oui, que chez les Non, a porté sur les questions économiques, les problèmes des migrants, l’emploi, et jamais sur l’esprit de l’Europe, sur le sens à donner au rêve européen. Cela a été une campagne de boutiquiers, et jamais, les uns comme les autres, n’ont élevé le débat, ces débats qui vous enflamment et vous font oser.

Le Brexit a prouvé que les peuples ne sont pas sensibles aux interventions étrangères. La visite d’Obama à Londres, et son discours prônant le Non, le discours de Hollande, annonçant l’apocalypse aux Anglais en cas de Brexit, ont été plutôt d’un effet négatif.

L’Ecosse et l’Irlande du Nord ont voté massivement pour le maintien. Ces deux entités risquent de prendre leur indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni, et rejoindre l’Union européenne. Un nouveau casse-tête pour Bruxelles.

Le Royaume-Uni s’en va, et avec, le cheval de Troie, si utile aux américains.

L’Europe, à l’agonie, va-t-elle profiter de l’électrochoc qu’est le Brexit.

Les gouvernants de l’Union européenne, vont-ils retirer les enseignements qui s’imposent, des arguments développés durant la campagne du référendum anglais. Il serait temps qu’ils mettent un Stop au désamour des peuples européens pour l’Union. Qu’ils luttent contre l’euroscepticisme en abandonnant les mesures dites rationnelles, qui ne font qu’amplifier le rejet.

Le Royaume-Uni s’en va, l’Europe revient, mais qu’elle Europe.

Des conséquences économiques, elles ne seront que momentanées. Très vite, on va mettre au point, avec Londres, un accord de libres échanges, qui contrebalancera, en tous points, les effets du Brexit.

Le problème est pour l’Allemagne, qui perd un compère dans son jeu de balance avec la France. Alors que la cohésion de l’Europe est menacée, Merkel, à la tête de la première puissance économique de l’Union, doit prendre des initiatives, avec un partenaire très fragilisé, François Hollande et une France dans la tourmente.

C’est une épreuve de plus pour l’Allemagne, qui se trouve face à ses responsabilités. Le poids économique et politique du pays, l’autorité d’Angéla Merkel, font d’elle, maintenant, le principal leader du continent.

Les nationalistes et les populistes auraient tort de se réjouir. Il n’y aura pas de phénomène domino, au contraire, on risque, avec le départ des Anglais, d’aller vers plus d’Europe, surement pas celle que nous avons eu jusqu’à présent. Il n’y aura pas de repli nationaliste, mais plutôt la relance du projet fédéral, dans le respect des identités et des spécifiées de chacun. Il faudra, néanmoins, être vigilant sur la montée, en Europe, de l’extrême droite.

Il serait temps que l’Europe reprenne sa sécurité en main en quittant l’OTAN. Bruxelles devrait regarder loin vers l’Est, le moment est peut-être venu de reprendre le dialogue avec Moscou.

On doit s’attendre à un signal fort franco-allemand.

Un seconde chance est donnée à l’Europe politique, à Merkel et Hollande de la saisir.