Chronique politique hebdomadaire de la série : Un regard sur le monde

----------------------------------------------------------------------------------------------

La percée, auprès de l’opinion américaine, des populistes comme Donald Trump ou Ted Cruz, n’est pas le fruit du hasard. Elle exprime une colère réelle contre les hommes de Washington. Durant deux mandats, Barak Obama a été le champion du « politiquement correct ». Il a conforté la tyrannie des donneurs de leçons, amateurs de mer au calme plat. Cette révolte contre la pensée automatique, apanage également des dirigeants occidentaux, les croisades pour le droit de l’homininé, va se développer grâce aux troublions de la campagne électorale des primaires. Bon gré mal gré, les candidats iront s’approprier certaines, sinon beaucoup, des idées, attaques, théories, de ceux qu’ils nomment : des clowns. Des clowns qui sont le phénomène outrancier d’une exaspération.

Le citoyen américain ne supporte plus l’angélisme du prix Nobel de la paix, Barak Obama. Il considère que l’indécision de leur Président a affaibli les Etats Unis aux yeux du Monde.

Ce rejet des élites vient essentiellement de cette tendance qu’ils ont à se considérer les symboles de la « bien-pensance » . Ils se coupent ainsi du monde du réel, du monde des lutteurs pour la vie, du monde des problèmes journaliers de la survie.

Alors, c’est les portes grandes ouvertes au Populisme. C’est un mal de tous les temps et de tous les régimes. Personne n’a pu l’éradiquer. Il prospère en période de crise économique ou de société, et ses symptômes sont le ronchonnement du peuple et ses humeurs émeutières.

C’est la que s’engouffrent des hommes comme : Donald Trump, égocentrique pétaradant et mal élevé, crocodile de l’immobilier, un cynique qui ne recule devant aucune outrance, devant aucune énormité, si cela peut lui attirer l’attention de l’électeur. Comme Ted Cruz, sénateur du Texas, menteur professionnel, le Torquemada du Tae Party.

En Europe, c’est toute une armée qui attend son heure derrière Marine Le Pen (France), Geert Wilders (Hollande), Nigel Farage (Grande Bretagne), Christophe Blocher (Suisse) ; Viktor Orban (Hongrie) et j’en passe.

La manifestation du populisme est partout la même : une rhétorique identitaire et xénophobe, une dénonciation récurrente des élites en place, une aptitude à la transgression ou la provocation. Pour beaucoup c’est le mal absolu qui met en péril la démocratie.

Si Ted Cruz et Donald Trump, soulignent le désarroi américain, Marine Le Pen surf sur celui des français et Nigej Farage sur celui de ses concitoyens qu’inquiètent une Europe mal expliquée.

Les populistes broient toujours du noir pour leur pays et annoncent imminent l’Apocalypse. C’est ainsi qu’ils abattent les défenses de la démocratie et dans la plupart des cas préparent l’arrivée de la dictature. Les Américains comme beaucoup d’Européens ne veulent plus du « politiquement correct ». Ils ne veulent plus des techniciens de surface, mais des balayeurs de rue. Ils veulent qu’on appelle un chat, un chat, et le font savoir par la seule arme à leur disposition, les urnes.

Les responsables politiques comme ceux qui nous gouvernent, ne doivent pas prendre à la légère ces « Clowns » qui ne sont que les révélateurs d’une crise profonde chez le peuple.

L’occident qui a vieilli, a peur, et la peur est mauvaise conseillère. Il a peur du naufrage de ses classes moyennes, il a peur, se sentant dépassé par des nouvelles puissances à l’Est, loin à l’Est, qui tracent tranquillement leur chemin vers le sommet. L’Asie est devenue l’avenir du Monde, en attendant l’Afrique qui se réveille. Une étude récente montre que la communauté blanche et chrétienne, est devenue minoritaire aux Etats-Unis et le sera bientôt en Europe, si on n’y prend pas garde.

Sommes-nous à la veille du déclin du monde occidentale ? Si oui, on le devra en grande partie au « politiquement correct » et à l’irénisme des apprentis-sorciers, qu’ils soient de gauche ou de droite.