Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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La prévention des conflits armés est la mission cardinale de l’Organisation des Nations Unis. Frustrante mission qui ne laisse voir au public que ses échecs. Si les guerres, entre grandes puissances ont été évité à ce jour, les conflits locaux ont perduré et une véritable guerre mondiale s’est installée : celle de la guerre au Terrorisme.

  Mais, 2016 présente de nombreux autres risques pour la sécurité du monde. Ils se trouvent dans l’arc de crise arabo-musulman qui s’étend du Maroc au Pakistan, le Pacifique et l’Amérique du sud. Il s’agit essentiellement de déstabilisations possibles d’une ou plusieurs régions qui pourraient avoir des conséquences durables sur la communauté internationale. L’Afghanistan reste un volcan non éteint et les Talibans continuent à menacer le gouvernement élu de Kaboul.

Si l’Iran ne représente plus un risque majeur pour la paix, l’Arabie saoudite a pris le relai : la chute des prix de pétrole appauvrie le Royaume qui s’englue dans une guerre mal maitrisée au Yémen. Le Palais doit faire face à une insurrection larvée dans les provinces orientales habitées par une importante minorité chiite. Une région où se trouve la majorité des puits de pétrole.

 La jeunesse sunnite, désoeuvrée,  déborde la monarchie sur sa gauche. Avoué ou pas, l’Arabie saoudite doit gérer au mieux le renversement des alliances de Washington, qui se retire progressivement de la région, depuis son indépendance énergétique retrouvée.

Une agitation populaire n’est pas à exclure à Riyad.

La Syrie et l’Irak représentent le plus grand risque de dérapage. L’incident de l’avion russe abattu par la Turquie, est loin d’être clos.

La présence de DAECH en Libye représente un danger existentialiste pour la Tunisie, seul Etat arabe dont le « printemps » n’a pas été un échec.

Les ambitions maritimes de la Chine qui illustrent un nationalisme impérial classique, ont donné lieu à des incidents au large du Vietnam. Ces incidents indiquent qu’une escalade militaire navale est possible.

 En Afrique, les risques de crise restent nombreux. Essentiellement ethniques, ils restent très localisés.

 

En Amérique, les risques d’une crise débouchant sur un conflit armé  se trouvent au Venezuela.  Le président Maduro se refuse à accepter le rejet du Chavisme par le corps électorale. Les militants bolivariens, soutien de Maduro, sont tous armés. La lutte pour le pouvoir risque de déboucher sur une guerre civile.

C’est à tous ces défis que l’ONU doit faire face. Elle doit dépenser un trésor de diplomatie, mobiliser toutes ses forces, pour atténuer les tensions et éteindre les incendies qui se développent un peu partout.

L’année 2016 ne va pas être de tout repos pour les équipes du Secrétaire général, Ban Ki-moon