Chronique politique hebdomadaire , la dernière de 2015.

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On ne peut pas dire que l’année 2016 s’annonce sous des heureux auspices.

Des attentats gravissimes auront encore lieu, en France et un peu partout en Europe et plus loin. Ceci s’accompagnera d’une exaspération des esprits et d’une multiplication des violences interethniques.  L’islamophobie atteindra  des dangereux sommets.

La France restera en crise et la courbe du chômage ne s’intervertira pas rapidement. Les taux d’intérêt sur le marché financier mondial iront à la hausse et le service de la dette, deviendra intolérable.

 En France, 2016 verra un bouleversement dans les structures politiques des partis en espérant que le clivage gauche/droite n’aura plus droit de cité. Les irréductibles seront rejetés vers les extrêmes. Cela sera peut-être le début d’un redressement du pays. Le renouvellement de la classe politique faisant débat, on verra un peu partout dans le monde, émerger de nouvelles personnalités.

Certains analystes prévoient une crise financière majeure mondiale qui, cette fois-ci ne résulterait pas d’une spéculation sur des actifs « pourris » mais du surendettement des Etats et des entreprises. Il est vrai que tant que l’on n’encadrera pas les capitaux flottants apatrides et les fonds sauvages, les crises continueront à succéder aux crises, et des bulles diverses et variées ne cesseront pas de se former.

La pauvre qualité du débat politique va rendre, croissante, la rage contre les élites. La fuite des cerveaux va continuer comme le départ des jeunes français vers Londres et plus loin. La politique sécuritaire de la France ne va pas tarir le départ des jeunes vers la Syrie.

L’Europe aura beau fermer ses frontières, 2016 verra la poursuite de l’immigration de masse.

L’Union européenne ne sera plus que l’ombre portée de l’Allemagne et la sortie de la Grande Bretagne très probable.

 Le statuquo continuera au Moyen Orient, les pourparlers entre les acteurs du drame syrien vont lentement aller vers un accord des plus fragiles. La coalition contre DAECH va se confirmer durant l’année, intégrant la Russie et l’Iran, sous réserve que l’on aura trouvé un compromis sur l’avenir de Bachar elAssad. Les revers sur le terrain pour DAECH vont se multiplier, ils peuvent pousser le calife auto-proclamé, Al Baghdadi, à une fuite en avant, en ouvrant d’autres fronts. Al Baghdadi annonce d’ors et déjà que DAECH va attaquer l’Arabie Saoudite et Israël. Il est vrai que la cause palestinienne mobilise la rue arabe plus facilement qu’une opération punitive envers les Saoudiens.

D’une façon générale, les conflits en cours, Irak, Libye, Yémen, Ukraine, iront en s’aggravant. Seule la Syrie risque d’entrevoir une sortie de crise.

Il faudra suivre de très près la situation dans le Pacifique, car c’est de là que le risque d’une confrontation entre grandes puissances est le plus grand.

Est-ce que ce sombre tableau peut être la réalité de demain ? Sûrement, si les hommes politiques ne se hissent pas au niveau de la tâche qui les attend. Le doute est permis et l’espoir un devoir.

2016 va être une année de chamboulement, y compris dans nos certitudes.

2016 sera une année charnière pour la diplomatie russe, et la consécration du retour de la grande Russie sur l’échiquier mondial.

2016 sera une année charnière pour l’élection présidentielle aux Etats-Unis. Donald Trump ne figurera pas à la finale. Les démocrates risquent de garder pour la troisième fois de suite, la Maison blanche. Les Républicains devront faire émerger une personnalité éligible, pour prétendre à une chance, peut-être  Marco Rubio, le sénateur de Floride.

2016 pourrait être une année charnière vers un monde plus sûr, plus apaisé, bref plus vivable, cela sera un miracle qui pourrait venir de la société civile.