Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Il y a des craintes plus ou moins fondées. Il y a des peurs plus ou moins avouées. On arrive à maîtriser les craintes, mais plus difficilement les peurs. L’époque que nous vivons actuellement, avec ses drames et ses conflits, ne plaide pas pour la sérénité.

L’Europe, durant l’année 2015, a été frappée, particulièrement la France (Paris) par une vague d’attentats majeurs. La France semble cristalliser la haine de l’État islamique comme d’al Qaïda, en raison de ses principes constitutionnels et législatifs, de sa diplomatie et de ses actions militaires. L’Europe, dont la France, se trouve engagée dans une véritable guerre, intérieure et extérieure, avec l’islamisme.

Le problème est de mener cette guerre sans haine et sans faiblesse, en évitant l’écueil de l’amalgame.

Les États doivent, certes, assurer la sécurité de leurs citoyens, mais sans sacrifier l’Etat de droit. Le défunt Président de la République française, Georges Pompidou, aimait citer Paul Valéry : « Si l’Etat est fort, il nous écrase. S’il est faible, nous périssons ». Combattre les risques qu’entraine un Etat fort, souvent nous aveugle aux dangers qui naissent de sa faiblesse. C’est un dilemme auquel nos responsables politiques se trouvent confrontés.

Mais il y a un autre risque auquel ils doivent faire face. Personne n’en parle, mais tous les responsables l’ont en tête. Le risque de voir naître des groupuscules, voir des groupes de sinistre mémoire comme Action directe, la bande à Bader…etc. Des Européens, blancs et chrétiens, qui voudraient démontrer que eux aussi, peuvent prendre des kalachnikovs et venir semer la mort dans des mosquées et ailleurs.

Bien sur, pas d’amalgame entre terroristes, islamistes et musulmans. Mais le citoyen lambda, le client du « café du commerce » qui constate que toutes les tueries sont du fait de musulmans ne va pas chercher plus loin, et devient à son tour la proie facile des semeurs de troubles. On n’ose imaginer l’enchainement catastrophiques de tels agissements. Ces agissements qui mènent tout droit à une guerre civile, religieuse et désastreuse.

C’est là, la grande peur silencieuse des responsables politiques. Ne nous trompons pas d’adversaires, ne nous laissons pas entrainer dans un combat qui n’a pas sa raison d’être. C’est donner une autre victoire aux barbares, aux assassins, qui veulent détruire nos sociétés et le « vivre ensemble ». La vigilance s’impose à nous tous, partout.