Etant à l'étranger à partir de mercredi 3 décembre, je vous livre dès à présent ma chronique du vendredi. Cette chronique était écrite dès la première semaine de novembre, pour être publiée vendredi 13 décembre. Les événements dramatiques de Paris et l'actualité en ont décidé autrement.
Cette chronique est un tour d'horizon géopolitique essayant d'apporter une réponse à une question d'actualité :ALLONS-NOUS VERS UNE TROISIÉME GUERRE MONDIALE ?

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Par les temps qui courent, le citoyen est submergé d’images dramatiques provenant d’un peu partout dans le monde. Ce citoyen se pose la question, à juste titre, que nous réserve l’avenir avec tous ces désordres et ces conflits ?

Pour certains observateurs, une Troisième guerre mondiale, d’une ampleur égale ou supérieur aux deux précédentes éclatera dans la première moitié de ce siècle. Sans tomber dans le catastrophisme cher à certains, on doit constater, que petit à petit, sont en train de se trouver réunies les conditions d’une déflagration majeure dans le monde d’aujourd’hui.

Les guerres sont rarement, pour ne pas dire, jamais, idéologiques. Elles sont ethniques, religieuses ou économiques. Ces trois conditions sont aujourd’hui réunies en Europe, au Moyen-Orient et dans le Pacifique.

Depuis 1945, on s’imagine qu’il n’y aura plus jamais de guerre mondiale, mais seulement des guerres locales ou régionales, l’ONU parvenant à éviter une Troisième guerre mondiale. Exactement la même erreur après 14/18, la Der des Ders, et la mise en place de la SDN, la Société des Nations. Or dans un environnement mondialisé, le risque est grand de voir éclater des guerres mondiales. C’est le jeu des alliances qui s’enchaînent les unes après les autres, comme dans un domino.

Plusieurs foyers de tensions risquent d’interagir et de provoquer un embrasement général :

-L’immigration massive en Europe sous la bannière principale de l’Islam, qui risque de déclencher une guerre civile ethnique. Les récents attentats de Paris illustrent cette véritable guerre en cours entre les forces islamistes et les Etats d’Occident. La France se trouve plongée dans une guerre totale : mondiale et localisée, militaire et théorique, archaïque et sophistiquée. Elle paye le désengagement américain qui pour l’heure ne coute rien à Washington. S’ajoute les provocations comme celles de la Turquie d’Erdogan qui abat un avion militaire russe ne représentant aucun danger pour les Turcs. L’ambiguïté du Président turc concernant DAECH ajoute à la confusion concernant les visées de cet « allié » de l’Amérique et membre de l’OTAN.

- La confrontation globale entre Islam et Occident devient imminente, si on n’y prend pas garde.

- Le contentieux Israël/Palestine, insoluble, qui risque de déboucher  sur une guerre entre l’Etat hébreu et ses voisins. L’éradication d’Israël est une idée fixe chez nombre de musulmans, d’où un risque d’embrasement qui forcera les Etats-Unis à intervenir.

-Le monde arabo-musulman, à l’exception du Maroc, est dans une spirale de chaos qui va en s’accentuant.

-Deux impérialismes essentiellement économiques se font face dans le Pacifique : la Chine et les Etats-Unis. Ceci risque de déboucher vers un heurt géopolitique majeur. Le Président américain est tenu de rassurer ses alliés Philippins et Malaisiens, devant les visées expansionnistes de Pékin en mer de Chine méridionale. D’où des tensions croissantes, des démonstrations de force à destination de Pékin. Nous avons là un véritable bras de fer sino-américain. Si aucune des parties n’a intérêt à une confrontation, la Chine ne reculera pas.

-Les conflits latents entre des puissances nucléaires : Inde/Pakistan et Inde/Chine.

- La Corée du Nord aux actions imprévisibles.

Les lignes de force des confrontations possibles et des alliances, parfois contre-nature, seront complexes et difficiles à prévoir. Comme on peut le constater, les zones géopolitiques d’explosion sont : l’Europe, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et le Pacifique. Israël peut parfaitement être l’amorce de l’explosion générale.

La principale faiblesse des Occidentaux, surtout les Européens de l’Ouest, réside dans le vieillissement de leur population, leur ramollissement mental, leur passivité et leur volonté de sauvegarder la Paix à tous prix, y compris au risque de perdre leur âme. Contrairement à une idée reçue, la Russie n’est pas et ne sera pas un facteur de troubles.

Jules César disait : le problème n’est pas d’éliminer les guerres, c’est de les gagner : et le plus rapidement possible, pour que les effets positifs de la victoire l’emportent sur les effets négatifs de l’effort guerrier trop prolongé.

On n’en est pas là, et le pire n’est jamais certain.

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