Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

Étant en déplacement en Europe à partir de demain,

je vous délivre ma chronique de cette semaine dès à présent.

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Le rêve européen ne date pas d’aujourd’hui. Charlemagne, dès 768 commence la construction de l’Empire par une série de campagnes militaires, entre autres contre les Lombards et les musulmans d’Espagne. Déjà ! Il peut être considéré comme le « Père de l’Europe », pour avoir procédé au remembrement d’une partie notable de l’Europe occidentale et instauré des principes de gouvernement dont ont hérité les grands Etats européens. Bien plus tard, Charles de Habsbourg dit Charles Quint, dans les années 1500, nourrira le rêve carolingien d’un Empire prenant la tête de la Chrétienté. Cela restera une velléité.

L’Europe n’est pas une construction nouvelle. Si le Vingtième siècle a fondé l’Union européenne, il n’a fait que donner corps à une pensée européenne plus ancienne qui trouve ses origines dans l’antiquité grecque et latine. Rimbaud disait : « l’Europe est un mythe, une idée, un territoire, un art de vivre ».

Le grand chantre du rêve européen est sans contestation : Victor Hugo.. Il a souhaité et défendu la création des Etats Unis d’Europe. Il anticipe les projets d’Aristide Briand (1929) ou ceux, bien plus tard, de Jean Monet. Mais Victor Hugo va plus loin : suppression des frontières, liberté de circulation des personnes et des marchandises, unité monétaire etc. Lors du Congrès international de la paix organisé à Paris en 1849, dans un discours retentissant, il prédisait :

« Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes les Nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez la fraternité européenne ».

Il n’a pas prévu les dégâts de l’égalitarisme, la hantise de la discrimination, et l’arrivée sur le sol européen de l’Islam « dynamique».

La priorité donnée aux droits des individus, le rejet de toute différenciation, fusse-t-elle naturelle, la réécriture de l’Histoire pour l’adapter aux nouveaux dogmes, conduisent inexorablement à détruire la société telle que nous la connaissons, à supprimer l’art de vivre ensemble, pour y instaurer à la place, l’Individu triomphant. La cellule fondamentale de la société, la famille, est combattue et est appelée à se fondre dans un magma difforme, sans couleurs, sans religion, sans racines et sans sentiment d’appartenance.

Ce qui avait fait la force des Nations : la fierté d’être partie d’un peuple, l’âme patriotique et le préservation des racines, n’a plus cours.

Au nom de la lutte contre les discriminations, l’Europe rejette ses racines judéo-chrétiennes. Elle n’a plus de personnalité où les citoyens pourraient se reconnaître. Elle n’est plus rien, car si elle est quelque chose, elle rejette forcément quelqu’un. Elle n’existe plus devant l’islam militant. A vouloir effacer toutes les différences, on s’installe dans un Néant qui préfigure le Chaos.

L’Europe n’est pas un espace vide, qui doit s’organiser selon le principe exclusif des droits de l’Homme, les droits d’un individu sans aucune attache collective. L’Europe est une vielle dame formée par des Nations, où l’individu a sa place, certes, mais où l’intérêt de l’ensemble prime.

Il nous faut revenir aux fondamentaux des Nations qui forment l’Europe. Pour répondre à la question qu’est-ce que l’Europe ? On peut retenir la définition que donnait Lévinas pour la France : « une nation à laquelle on peut s’attacher par l’esprit et par le cœur aussi fortement que par les racines ».

Le refus de Bruxelles de faire référence aux racines judéo-chrétiennes de l’Europe, souligne cette tendance des autorités actuelles à déchristianiser l’Europe. Est-ce la bonne réponse à donner aux problèmes posés par les migrants musulmans ? Je ne le crois pas. Ils viennent avec leurs croyances, leurs us et coutumes. On doit les accepter comme ils sont, comme ils doivent accepter l’Europe comme elle est,  avec ses 2000 ans d’Histoire.