Chronique politique hebdomadaire du vendredi.

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Jean de la Fontaine ne pourrait pas mieux décrire le jugement des occidentaux à l’égard du Président russe.

On est d’accord, Poutine fait perdre leur latin aux stratèges du Pentagone. Bien plus, le « politiquement correct » vous invite à considérer toute action du président russe, suspecte et condamnable.

Poutine n’est pas plus « va-t’en guerre » que le locataire de la Maison blanche à Washington.

Il ne partage pas les analyses de la plupart des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, et agit en conséquence. Les objectifs poursuivis par le Président de la Fédération russe ne sont obscurs que pour ceux qui ne veulent pas savoir.

 Poutine est avant tout le Président des Russes et non des Américains ou des Européens. Il veille en priorité, sur les intérêts de son pays. Il veut que la Russie reprenne sa place, toute sa place, dans l’échiquier mondial, et en particulier dans le monde arabe.

Les Américains et leurs alliés, critiquent l’action de l’aviation russe en Syrie. N’y font-ils pas exactement ce que font les Américains en Afghanistan ? Les chasseurs bombardiers F-15  ont frappé la ville de Kunduz pour venir en aide à l’armée nationale afghane dépassée par les Talibans. En 2001, lorsque Washington lança sa grande guerre au terrorisme, elle demanda son aide logistique au Kremlin. Vladimir Poutine la lui donna sans atermoyer.

Ce n’est un secret pour personne que Poutine soutient Bachar El Assad. Échaudé par l’aventure libyenne, il ne veut pas ouvrir la porte au chaos. Aucune solution crédible n’est avancée par ceux qui réclament le départ du Président syrien. Poutine l’a dit dit et redit : il n’y aura pas un deuxième Kadhafi. Pour Poutine, l’élimination d’Assad ouvrirait les portes de Damas à Daech.

En Syrie comme en Irak, Poutine est devenu incontournable.

La stigmatisation de Vladimir Poutine, au cœur du politiquement correct, finit par museler l’honnêteté intellectuelle. Celle qui voudrait  créditer le Président russe, de ses bonnes initiatives comme des mauvaises. Une récente anecdote illustre les stéréotypes et la pensée unique qui finissent par nous donner une presse inconsciemment aux ordres.

Qu’un Président, soucieux de préserver le patrimoine de son pays, décide d’acquérir un bien historique, quoi de plus normal et de louable ? Mais si c’est Poutine qui décide d’acheter la villa de Rachmaninov en Suisse, cela devient une lubie pour la presse bien pensante.

Sergei Rachmaninov avait vécu une grande partie de sa vie, dans cette villa, au bord du lac des quatre cantons, en Suisse. Son sort était devenu incertain depuis la mort, il y a peu, d’Alexandre Rachmaninov, son petit-fils qui y habitait et l’avait transformé en fondation à la gloire de son grand-père. Plusieurs pianistes russes avaient mené une campagne pour que la Russie achète la Villa Senar.

Réduire la politique de l’Etat russe, particulièrement dans la défense du patrimoine culturel, à la volonté arbitraire de son Président, est inepte et trahit, de la part des médias occidentaux, une volonté systématique d’enfermer le sujet « Russie » dans des stéréotypes confinant à la bêtise.

La Culture n’est pas quelque chose d’inconnu pour le peuple russe. On ne se rend pas en Russie pour ses parcs d’attractions ou ses « shopping centers », mais pour le théâtre Bolchoï, la galerie Tretiakov ou le musée de l’Ermitage, pour ne citer qu’eux.

Il est temps qu’un dialogue sérieux et constructif, s’instaure entre Washington et le Kremlin.