Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Tout le monde se congratule, Hollande pavoise, la bourse pousse un ouf de soulagement, mais de qui se moque-t-on ? Chacun a plaidé pour sa paroisse, « sauver » la Grèce c’est attendre plus de compréhension de Bruxelles pour les engagements non tenus de la France. « Sauver »  la Grèce c’est resserrer les rangs de la gauche à bon marché. « Sauver » la Grèce c’est pour Bruxelles, continuer à nourrir l’illusion d’une Europe unie et solidaire.

 On a reculé pour mieux sauter. La Grèce est loin d’être sauver, à lire attentivement les termes de l’accord sous conditions, on se réserve d’autres jours de crise avec une Grèce qui continuera à couter  très cher aux contribuables européens, à moins, à moins qu’excédés, les pays du Nord, Allemagne, Pays-Bas, Danemark,  Irlande, Royaume-Uni,  Finlande et Suède, n’exigent le départ de la Grèce de la zone Euro et l’arrêt des prêts à fond perdu.

Les négociations qui viennent d’avoir lieu ont fait apparaître une réelle fracture entre les pays du Nord et ceux du bassin méditerranéen. Pour les uns, l’Union a des règles qu’il faut respecter, pour les autres le compromis à tout prix est la règle. Pour ceux du Nord, il faut de la rigueur dans la gestion, on ne peut pas vivre des efforts des autres. Pour ceux du Sud, la solidarité impose de fermer les yeux sur les manquements et les tricheries des uns et des autres.La crise Grecque aura eu au moins le mérite d’étaler au grand jour les illusions d’une Union qui frise le mariage de la carpe et du lapin.

 Tout au long de ces tractations, maints experts auto-proclamés ont considéré une catastrophe la sortie de la Grèce de la zone euro ( où elle n’aurait jamais du y avoir accès).Cela ne sera pas la première fois que la Grèce est expulsée d’une union monétaire. En l’année de grâce de 1865, Napoléon III crée l’Union latine, une union monétaire regroupant la France, la Suisse, la Belgique, l’Italie, groupe que rejoindra la Grèce en 1868. Selon une musique que l’on connaît bien maintenant, il s’agissait de « consolider la prospérité et la paix en Europe ». Chaque Etat signataire devra émettre une monnaie conforme au calibrage requis  en or et argent. Mais la Grèce à court d’or, va bousculer ce fragile édifice en réduisant le poids de l’or dans cette monnaie commune. La tricherie découverte, le pays est exclu de l’Union en 1908.

 Depuis son indépendance en 1830 à ce jour, la Grèce a été la moitié du temps en faillite. Mauvaise gouvernance, mauvais citoyens, politiciens plus inquiets de leurs finances que de ceux du pays, clientélisme, corruption, gaspillage de l’argent public, voilà de quoi souffre la Grèce depuis son indépendance.

On peut raisonnablement douter que l’accord sous conditions va résoudre la crise Grecque. Il faut appeler un chat un chat,  la réalité de cet accord que l’Eurogroupe a si âprement négocié, est en fait la mise sous tutelle d’Athènes.