Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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On constate un lourd silence sur l’action des Etats-Unis poursuivant la mise au pas du secteur bancaire européen.

Il faut reconnaître que Bruxelles se prête de bonne grâce aux manœuvres du lobbysme américain auprès des différentes instances de l’Union européenne.

Il n’y a pas longtemps, la justice américaine a sanctionné diverses banques européennes par de lourdes amendes, dont celui de BNP-PARIBAS a battu le record. La justice américaine lui a infligé une amende de près de 9 milliards de dollars au prétexte qu’elle n’avait pas respecté les sanctions infligées par Washington à différents pays. Cette banque, en plus de l’amende, se voit interdire d’opérer en dollar pendant un an. Ubuesque, une banque qui retourne des virements s’ils sont libellés en dollars.

Question : c’est une banque américaine qui a aidé la Grèce à falsifier ses comptes. Quelle amende Bruxelles a infligé à la dite banque ? Zéro !

Il y a quelques jours, les ministres des Finances de l’UE ont adopté une position commune sur le projet de réforme structurelle des banques. Le texte, dans le but de renforcer la stabilité financière, veut protéger les activités des banques de dépôt des risques posés par les activités de « trading » à fortiori de nature spéculative. Pour ce faire, on va séparer les banques de dépôts et les banques d’affaires. L’idée est louable si la mesure s’imposait à toutes les banques s’activant en Europe. L’ennui est que ces mesures ne s’appliqueront pas aux grandes banques d’affaires américaines ni bien entendu aux banques britanniques et à « la Cité », le temple de la finance à Londres. En clair, on va écarter les banques européennes du marché financier.

« Si le texte est adopté en l’état, ce sera l’un des plus beaux scandales financiers de l’histoire européenne » a déclaré Marie-Anne Barbat Layani, la directrice générale de la Fédération bancaire française (FBM).

Ces mesures, en sortant les banques françaises du marché vont remettre le financement des entreprises européennes, en particulier françaises, entre les mains de la finance anglo-saxonne, principalement américaine.

L’hégémonie américaine s’exprime dans plusieurs domaines, parfois à juste titre, mais dicter sa loi aux banques européennes avec la complicité des « experts » bruxellois, devient intolérable.