Chronique politique hebdomadaire du vendredi

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Aux dires du Cardinal Parolin, Secrétaire d’Etat du Saint-Siège au Vatican, le référendum en Irlande n’est pas seulement une défaite des principes chrétiens, mais une défaite pour l’humanité. Votre réaction, Monsieur le Cardinal, arrive un peu tard. Voilà des décennies que l’Europe s’est engagée dans une voie déstructurant la société aux racines judéo-chrétienne. Dès 2001, les Pays-Bas reconnaissaient le mariage homosexuel, suivies dans l’ordre, par la Belgique, l’Espagne, la Suède, la Norvège, le Portugal, l’Islande, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, le Luxembourg, la Slovénie, la Finlande et aujourd’hui l’Irlande. Ces Etats seront bientôt suivis par la Finlande et vraisemblablement par l’Albanie et la Grèce.

 Qu’est-il advenu de l’Espagne, la très catholique, de la France, la fille ainée de l’Eglise, de la pudibonde Angleterre et de la très catholique Irlande ? Aux oubliettes, victimes d’une véritable entreprise de destruction de la Famille. Même l’Eglise, qu’elle soit catholique ou protestante, devient par touches, de plus en plus permissive.

S’opposer à cette soi-disant évolution, est devenu « politiquement incorrect ». La furie de l’égalitarisme emporte et détruit toutes les règles qui ont permis un « vivre ensemble », aujourd’hui, dépassé.

 Pour tous ces chantres de la « modernité », les enfants doivent, en temps voulu, choisir librement s’ils sont des garçons ou des filles, et avoir deux mamans ou deux papas : une normalité. Les parents doivent écouter leurs enfants et les enseignants leurs élèves, exit le respect du au Professeur et l’obéissance due à nos géniteurs. Ceux qui défendent la famille, sont traités d’homophobes, victimes de la dictature de la pensée unique, véhiculée par les médias.

Le législateur ne veut plus de la famille comme cellule principale de la société. L’individu, sans racines, sans attaches, voilà le citoyen de demain. On assiste aujourd’hui, en Europe, à un véritable naufrage de la société chrétienne, bien plus, de la société héritée du « siècle des Lumières ». Ce siècle, qui fut le triomphe de l’esprit philosophique et des conquêtes de la raison. Les philosophes d’alors dénonçaient tous les procédés qui sont un défi à la raison et par conséquent une négation de la civilisation.

Le philosophe et historien Marcel Gauchet, un des grands intellectuel français de notre époque, n’hésite pas à déclarer : «  Le spectre qui hante l’Europe, c’est la décadence. Tout ce qui a formé la conscience européenne depuis deux siècles, s’est écroulé sans laisser de traces. » Et d’ajouter : «  Les Européens sont pour ainsi dire sortis de leur histoire, et la France tout particulièrement. Elle avait l’ambition, comme disait Michelet, de jouer l’éclaireur du genre humain. Ce langage fait rire aujourd’hui. »

 En 1983, un Ayatollah iranien me disait déjà : la civilisation européenne est en pleine décadence, on se débarrasse des vieux dans des « mouroirs », on ne respecte plus ni les parents, ni les enseignants, on ne sait plus qui est la femme et qui est l’homme. Si cette situation perdure, cela va nous permettre d’islamiser toute l’Europe.

 Il faut reconnaître que la dérive sociétale que l’on constate de nos jours explique tous les extrêmes et l’attrait que représente pour les jeunes européens, les religions rigoristes. Ils ont raison, ceux qui se sont opposés au rappel des racines judéo-chrétiennes de l’Europe, car celle qui se construit sous nos yeux, n’en a aucune.