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Les stratèges américains, aussi bien du Pentagone que du Secrétariat d’Etat, n’avaient pas prévu la résilience russe face aux sanctions des pays occidentaux. Il était cependant prévisible que frapper de sanctions un pays aussi vaste et aussi important que la Russie, allait déclencher de la part de Poutine des réactions allant du lancement de contre-sanctions jusqu’au développement de ses rapports diplomatiques et économiques avec la Chine. L’attitude de Washington, avec sa stratégie basée sur de plus en plus de sanctions, a pratiquement jeté Moscou dans les bras de Pékin dont les conséquences diplomatiques et économiques ne sont pas, à ce jour, estimées.

C’est faire preuve d’hypocrisie que de reprocher à Moscou son action en Ukraine. C’est deux pays musulmans dont la population n’a jamais été antiaméricaine que les Etats Unis ont envahi successivement, sous des prétextes fallacieux et sans l’aval des Nations Unis. Deux pays, l’Irak et l’Afghanistan, voués aujourd’hui au chaos, dont l’invasion a suscité la vocation de milliers de djihadistes.La guerre en Irak aura duré 9 ans et en Afghanistan 13 ans.

La Russie, dont l’Ukraine a toujours été, naturellement, une de ses zones d’influence, commebeaucoup d’anciennes républiques soviétiques, s’est considérée agressé par la précipitation de Bruxelles à vouloir intégrer dans l’Union Européenne Kiev. On aurait pu, en négociant avec Moscou, obtenir, progressivement, l’entrée de l’Ukraine dans l’ensemble économique que représente Bruxelles. Par contre, jamais le Kremlin ne tolèrerai que l’Otan parachevasse sa manœuvre d’encerclement en intégrant l’Ukraine. Les Etats Unis, depuis la chute du mur de Berlin, n’ont jamais cessé de considérer la Russie comme un ennemi potentiel, surtout au Pentagone. Il aurait fallu, au contraire, ouvrir les bras au peuple russe, de retour au monde occidental et à son système économique.

Après avoir donner des armes à l’opposition syrienne « modérée » les Etas Unis veulent maintenant armer les milices nationalistes et l’armée du gouvernement de Kiev. Cela serait un acte de belligérance pour Poutine qui accentuera sa fuite en avant jusqu’à l’affrontement directe. Jamais Poutine ne cédera devant un déploiement de l’Otan. Selon des sources proches de la CIA, Washington aurait intercepté une déclaration d’un général russe appelant à exercer une frappe nucléaire tactique préventive contre l’Ukraine, en cas d’invitation à entrer dans l’Otan. Intox ? Peut-être, mais on ne peut pas ignorer que la Russie est prête à tout pour garder l’Ukraine dans son giron.

A-t-on intérêt à jeter de l’huile sur le feu ? Que pourrait gagner l’Europe dans ce jeu de poker menteur ? La paranoïa  des Polonais, des

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Lituaniens, des Lettons et des Estoniens ne doit pas dominer  la diplomatie de Bruxelles, ni entrainer l’Occident dans une guerre qu’il ne veut pas. L’Union Européenne n’a aucun intérêt à suivre Washington dans son bras de fer contre-productif avec Moscou.

Les priorités sont ailleurs, comme celui de s’unir, tous, occidentaux et pays musulmans pour faire face à une guerre de religion qui pointe à l’horizon, pour imposer un règlement de pais israélo-palestinien, quitte à tordre le bras à une droite et une extrême droite israéliennes récalcitrantes.

Avec leur indépendance énergétique retrouvée, les Etats Unis avaient commencé une révision de leur stratégie géopolitique en donnant la priorité au Pacifique. Les experts Yankees vont devoir, aujourd’hui, se repositionner en Europe et dans le monde arabe.