Catherine-Ashton-Vladimir-Poutine-et-Petro-Porochenko

Enlisement, escalade militaire, statu quo, la crise ukrainienne passe par toutes les phases. Aujourd’hui, on est devant le risque d’un embrasement de la région Depuis la tenue des élections séparatistes contestées, la situation s ‘est dégradée rapidement. Renforts et équipements massifs arrivent dans le bastion pro-russe. Les accords de paix conclu en septembre ne veulent plus rien dire devant la nette reprise des combats. Le Kremlin espérait un adoucissement des sanctions après son geste de bonne volonté, en participant activement aux pourparlers dans la capitale biélorusse. Rien n’a été constaté.

 Mais que veut l’Union européenne et derrière elle l’Amérique ? Que veut et que peut Vladimir Poutine, le « Tsar » de toutes les Russies ? Si les occidentaux espèrent voir l’Ukraine glisser tout doucement vers l’Europe et l’Otan, ils font erreur.  Jamais Poutine ne restituera la Crimée, jamais Poutine ne laissera l’Otan s’installer à ses frontières et parachever l’encerclement qu’on peut constater en consultant la carte de la région. Les chancelleries occidentales excluent le risque d’un embrasement du conflit, considérant que Poutine n’est pas prêt de le prendre. C’est l’Union européenne et l’Amérique qui ne sont pas prêts à assumer un conflit armé avec Moscou. Leurs opinions publiques n’en veulent pas et une bonne partie de leurs populations avoue qu’elle comprend les réactions de Vladimir Poutine.

 Dès le début de la crise ukrainienne, les spécialistes de la chose russe déclaraient déjà que Moscou ira jusqu’à l’affrontement armé. Bruxelles et Washington espéraient faire plier Poutine par des sanctions. On n’a pas affaire là, à l’Iran ou un quelconque régime africain, on se heurte là, à un Etat aux ressources importantes et aux capacités de répondre aux sanctions par des contre-sanctions. Les sanctions occidentales menacent-elles réellement la Russie ?

Si elles ont eu un impact sur le rouble et les prix, si un géant pétrolier  comme Rosneft est touché, dans les faits, la consommation, principal

Vladimir-Poutine-le-mot-de-trop

moteur de l’économie, ne semble pas souffrir. On constate à contrario, que l’embargo russe sur certains produits alimentaires européens et américains a dopé la production et les ventes des produits locaux. L’industrie soviétique également trouve dans les sanctions des opportunités nouvelles Les sanctions ont ce côté pernicieux dans le fait qu’une nation organisée peut se reconvertir, et les nouveaux canaux économiques deviennent souvent pérennes au détriment des anciens fournisseurs. La Russie a des atouts enviables : sa dette publique est inférieure à 10% du PIB, son déficit budgétaire est de 1,?3%. A fin octobre elle disposait de 428 milliards de dollars de réserve et de 150 milliards de créances à l’étranger.

 Reste la voie diplomatique. Mais Bruxelles, poussé par Washington n’a jamais cherché à comprendre le système Poutine. Le peuple russe n’a jamais digéré l’effondrement du régime communiste et la victoire claironnée de l’Occident pour la guerre froide, vécue comme une humiliation. Humiliation exacerbée par le triomphalisme affiché des Américains. Depuis son accession au pouvoir, Vladimir Poutine surfe la dessus. Le très fort sentiment d’appartenance nationale explique la forte popularité de Poutine. Depuis son arrivée au Kremlin, Poutine a mis fin au chaos laissé par la présidence Elsine en restaurant la sécurité et la stabilité, il a permis l’émergence d’une véritable classe moyenne et aujourd’hui veut rendre sa place à la Russie sur l ‘échiquier mondial. Cerise sur le gâteau, il a rendu aux Russes leur fierté et leur identité panslave. Difficile dans ce cas de faire céder un chef d’Etat sûr de son droit, de sa légitimité et surtout de son peuple. La crise ukrainienne aurait pu être évitée, si on avait opté dès le début pour l’action diplomatique et surtout respecté la zone d’influence Russe.

Face-a-l-Occident-Pekin-et-Moscou-se-rapprochent

 L’affaiblissement de Barack Obama, le président américain et la prise du pouvoir au Sénat par les va-t’en guerre républicains, ne permettent pas beaucoup d’optimisme. Pourtant, il n’y a pas de solution militaire, les sanctions ont un effet illusoire et boumerang. Seules une prise de conscience par Bruxelles des intérêts des européens et une diplomatie discrète, sans recherche d’effet d’annonce, peuvent débloquer la situation. Pour Poutine, comme dirait son homologue américain, tout est sur la table, y compris l’option militaire, directe ou par indépendantistes interposés.

 On est en train de jeter la Russie dans les bras de la Chine, est-ce l’intérêt des Occidentaux ?