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Le 4 novembre dernier, juste deux ans après avoir réélu Barack Obama, les américains se sont rendus nombreux aux urnes. La reprise économique incontestée dans le pays, aurait du être favorable au locataire de la Maison blanche. L’électorat américain a toujours privilégié la situation intérieure sur la politique étrangère du pays. Alors que s’est-il passé qui puisse expliquer la déroute du camp démocrate et la gifle infligée à Barack Obama.

 En fait, la politique sociale de Barack Obama est considérée par la majorité des américains comme une tentative de changer la société, et de cela ils n’en veulent pas.

La reprise économique, est-elle aussi solide qu’il le dit ? La liste des indicateurs au vert est

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impressionnante. Mais derrière les chiffres macro- économiques se cachent des réalités qui peuvent, en partie, expliquer la morosité des citoyens américains.

 Le pouvoir d’achat a reculé, si la chute du chômage est indéniable, les salaires sont loin d’être ce qu’ils étaient avant la crise. Les inégalités se sont creusées, les Américains les mieux formés ont nettement mieux surmonté la crise que ceux qui se trouvent en bas de l’échelle. L’appauvrissement de millions d’Américains se retrouve dans les performances médiocres des plus grandes entreprises de distribution. Par contre, on assiste à une véritable renaissance de l’industrie américaine avantagée par la révolution du gaz de schiste. Les relocalisations témoignent de cette spectaculaire renaissance.

 La perte du contrôle du Sénat va accentuer la paralysie du Président de la première puissance mondiale. La fin de ce deuxième mandat va être un chemin de croix pour Barack Obama. Mais il y a plus grave, le risque d’une suite de crises dans le monde, car les républicains victorieux vont vouloir muscler la politique étrangère américaine. La nouvelle majorité est déterminée à restaurer le rôle de l’Amérique dans le monde, qu’elle juge entamé par le règne démocrate. Obama est accusé de manquer de punch, d’être irrésolu, trop hésitant devant des adversaires déterminés : les Talibans afghans, l’Etat islamique du sanguinaire El Beghdadi, sans oublier le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi

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Jinping.

 

Il faut s’attendre à des turbulences aussi bien dans les relations Washington/Moscou que Washington/Pékin. Que va sortir des entretiens prochains avec Xi Jinping et de la rencontre informelle Obama/Poutine dans les coulisses du sommet Asie-Pacifique ? Vraisemblablement rien, Obama est trop affaibli pour espérer des véritables avancées dans le problème ukrainien et dans les relations avec la Chine. Le Congrès comme le Sénat va être intransigeant, il voudra un durcissement des sanctions à l’égard de Moscou, plus de rigueur dans le traitement des relations avec l’Iran. Les sénateurs républicains ne voient rien de bon dans le rapprochement USA/Iran. Ils annoncent déjà qu’il faut restaurer la sainte alliance avec Israël.

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On risque de voir l’Europe grelotter ces prochains mois, si le Sénat arrive à imposer d’autres sanctions à Moscou. La situation explosive au Moyen Orient, en Irak et en Syrie risque de se transformer en un véritable chaos, surtout si Washington abandonne sa politique de la main tendue vers l’Iran.

La défaite de Barack Obama va au-delà des conditions d’exercice du pouvoir de l’administration démocrate. Elle risque d’avoir des répercussions sur le Monde, autrement néfastes  que le blocage prévisible des initiatives du Président américain  tant au Sénat qu’au Congrès.

On a envie de crier aux édiles républicains, dotés d’un véritable tempérament de va-t-en guerre : Halte au feu !