Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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La crise ukrainienne a fait se propager une question lancinante : « Allons-nous vers une nouvelle guerre ? ». Cette question d’une opinion publique inquiète, s’explique par l’interventionnisme militaire de l’Occident dans des conflits lointains. Au prétexte d’une lutte contre le terrorisme ou la protection de ses nationaux, l’intervention militaire a été, souvent, la solution retenue.

 

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La guerre, aujourd’hui, est devenue un phénomène complexe, où les champs de bataille sont parfois virtuels, asymétriques, technologiques. Parfois, on lui ajoute le vocable de Juste, comme si trucider des êtres humains sur une grande échelle, pouvait être un acte de justice. Une guerre n’est jamais juste, elle exprime, souvent, une faiblesse, faiblesse de conviction, faiblesse de dialogue. C’est un terme trompeur qui instrumentalise l’éthique. Depuis maintenant soixante dix ans, il n’y a plus d’affrontements militaires entre grandes puissances. Les confrontations militaires entre Etats sont devenues rares. Contrairement à une impression générale, les conflits armés sont en nette diminution. Le général prussien, Carl von Clauswitz, écrivait dans son traité de stratégie militaire, que la guerre n’est qu’un moyen de faire de la politique autrement, à savoir, inverser provisoirement le rapport de force afin, en finale, revenir à la table de négociations et trouver un moment de paix.

 Si la question du statut de puissance est un moteur pour s’affirmer sur la scène internationale, la

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perte de ce statut devient belligène. Ceci explique, aujourd’hui, l’attitude d’une Russie nostalgique, à la recherche d’un statut qu’elle considère sien. Les Etats pratiquement en faillite constituent un facteur de violence et un risque de conflits armés. L’ONU en recense 26 tandis que 126 autres sont sur la liste d’alerte. Désordre et instabilité sont le sort de plus de la moitié  des gouvernements de la planète qui ne contrôlent pas l’ensemble de leur territoire.

 Les interventions militaires des Occidentaux ont-elles aidé à résoudre les crises ? De l’Afghanistan à la Centrafrique, en passant par la Côte d’Ivoire et l’Irak, ces interventions ont aboutis à des changements de régime, un but la plupart du temps inavoué, qui a sapé leur légitimité. Mais pour autant, ces interventions ont-elles résolu les crises, les objectifs affichés ont-ils été atteint ? Les opinions publiques, versatiles par essence, continuent à réclamer des interventions militaires pour les condamner aussitôt entreprises. On doit se poser la question de continuer ou non d’intervenir au nom de la responsabilité de protéger. Le concept même du droit d’ingérence, est aujourd’hui, remis en question.

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 La solution d’un conflit comme celui de l’Ukraine, ne peut pas être militaire mais diplomatique. Il est clairement dépassé le temps où, un coup d’éventail, faisait intervenir les canonnières de la Flotte française. Les choses ont évolués depuis, on peut être puissant et perdre la guerre comme les Américains au Vietnam. C’est le cas de tous les conflits asymétriques, des conflits armés  entre puissances étatiques et organisations non étatiques comme des milices ou des guérillas. Leur issue est toujours aléatoire. Les opinions publiques en Occident ne veulent plus de la guerre, quelle qu’elle soit. Est-ce que cela suffira à ramener à la raison les va-t-en guerres d’aujourd’hui ?