Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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 Comment se désintéresser de l’état de la France quand ce pays qui fut si grand, reste notre premier partenaire économique, juste avant l’Espagne. Comment ignorer la situation économique et sociale de cette France qui nous a imprégné de ces grandes notions de liberté, d’égalité, de fraternité. Cartésien avec René Descartes, un enfant du siècle avec Alfred de Musset, pétri de légendes avec Victor Hugo, rêvant de contrat social avec Jean-Jacques Rousseau, cherchant la justice et l’honneur retrouvé avec Emile Zola, cet héritage  donne le droit d’interpeller cette France qui, aujourd’hui, foule aux pieds, les règles élémentaires de la diplomatie et compromet les relations franco-marocaines. Ces relations ont été nouées et développées au fil de décennies de coopération économique, politique et culturelle.

 C’est une erreur d’appréciation monumentale qui a jeté un froid entre la France et le Maroc. Certes

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la justice est indépendante, mais elle se doit de respecter scrupuleusement les procédures. Ces dernières  s’articulent autour des règles internationales et des accords dûment signés entre les deux pays. C’est une véritable escouade policière, qui s’est rendue à la résidence de l’Ambassadeur du Maroc à Paris, porter une convocation d’une juge d’instruction au patron de la DST, Abdellatif Hammouchi, également patron de la lutte antiterroriste au Maroc. Les sept policiers, sans doute conscients de l’incongruité de leur mission, portaient des gilets pare-balles, s’attendant, peut-être, à une réaction  musclée.

 Depuis, malgré les entretiens téléphoniques entre le Président français, François Hollande, et sa Majesté le Roi, Mohamed VI, ceux du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, du ministre de l’intérieur, Emanuel Valls et de Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, avec leurs homologues, la température est restée glaciale. Bien plus, le Ministre de l’intérieur du Royaume du Maroc, agissant au nom de l’Etat marocain a déclenché des poursuites judiciaires à Paris à l’encontre des auteurs des plaintes pour torture, qu’ils savaient pertinemment inexactes. Cette procédure s’ajoute à la décision de suspendre les accords de coopération judiciaire entre les deux pays. On a envie de crier : Halte au feu !

 

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Alors qu’en France, la campagne pour les élections municipales s’achève dans un climat politique délétère, la situation économique et sociale préoccupante, ne doit pas venir troubler les relations entre les deux pays. C’est vrai que la France traverse une période difficile : croissance faible, production industrielle en recul, consommation amputée par le choc fiscal de 2012, investissement hypothéqué par la faiblesse des marges dégagées par les entreprises, chute des exportations, effondrement des investissements étrangers.Sombre tableau auquel s’ajoutent des tentatives de changement des fondements de la société, et la remise en cause de la cellule familiale.

  Comme beaucoup je ne tiens pas à voir la France s’enfoncer dans une crise économique sans retour.  Comme beaucoup, je ne tiens pas à assister à l’aliénation de sa souveraineté nationale et voir arriver des cycles de violence politique. Comme beaucoup, j’attends que les relations entre le Maroc et le France reprennent leur marche en avant. En attendant, comme beaucoup, j’ai mal à la France.