Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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Les hommes politiques et ceux qu’on appelle « les faiseurs d’opinion » ont en commun ce  « parler vrai » qui n’est rien d’autre que l’accumulation de phraséologies convenues, à savoir le politiquement correct. Mentant souvent par omission, distribuant des promesses qui n’engagent que ceux qui les reçoivent, les spécialistes de la chose publique se reconnaissent par leur discours toujours conforme à la doctrine du moment et au respect de la chose généralement admise par les penseurs autorisés. Ils sont légion ces chantres du politiquement correct : outre les gouvernants, on y trouve les conseillers des princes qui nous gouvernent, les caciques de la sociologie, beaucoup de journalistes et bien entendu ces fameux philosophes starisés. Nous avons là des véritables faussaires de la société et ses réalités, au service d’un système hypocrite. Ces inconditionnels du politiquement correct exercent un véritable terrorisme intellectuel sur un public médusé qui sent bien qu’on cherche à le manipuler, bien plus, à le formater. Aujourd’hui, l’inconscient collectif ne se reconnaît plus dans ces soi-disant grandes valeurs du monde moderne. Et pourtant, ces gourous du politiquement correct sont partout. Ils trustent les comités, les commissions du savoir, les agences d’évaluation et autres observatoires de l’action publique. Ils accaparent les centres de décision dans beaucoup de domaines, politiques, culturels et intellectuels.

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 Parfois, le politiquement correct participe, à son corps défendant, à attiser haines et frustrations, en déformant la réalité. Le cas de l’Ukraine illustre ce propos. On a laissé croire à tout un  peuple que l’Union européenne était la solution à toutes les difficultés que rencontrait le pays.On a omis de préciser que l’adhésion à l’Union européenne était un chemin de croix où plusieurs y ont laissé leurs illusions. On les gargarise de grands mots comme partage, solidarité, lutte contre la corruption, en même temps on adoube une Timochenko aussi corrompue que celui qui la mise en prison, lui donnant ainsi une nouvelle virginité.

 On découvre soudain que le problème est beaucoup plus compliqué qu’il ne paraissait. Oui, il y a deux régions distinctes, l’une pauvre et peu peuplé à qui on a fait miroiter l’entrée dans l’Union européenne et une autre, beaucoup plus peuplée, beaucoup plus riche et qui ne jure que par la Russie. La Russie est l’acteur incontournable que Bruxelles peine à convaincre de la pureté de ses intentions. Il est très politiquement correct de vilipender l’Ours soviétique et stigmatiser l’action de son président Vladimir Poutine, mais rien ne pourra se faire sans Moscou. La guerre froide est finie depuis longtemps, même si certains au Pentagone, le ministère de la défense américain, ont gardé cette grille de lecture.

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 Il est, aujourd’hui, politiquement incorrect de parler de l’entrée éventuelle de la Russie dans l’Union européenne, la hantise des Américains. Et pourtant, tôt ou tard elle s’imposera. Le Général De Gaulle, en s’opposant à l’entrée de l’Angleterre dans le Marché commun, n’avait-il pas déclaré : l’Europe, c’est de Dunkerque à l’Oural. Il serait temps, peut-être de secouer les carcans de la bienpensance, renverser les tabous et libérer la parole. Certains se cramponnent au pouvoir car ils ont perdu leurs idéaux. On doit se libérer de l’empire du négatif, de la haine de soi-même et s’éloigner de l’indignation à bon marché, car le politiquement correct a la vie dure.