Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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Dans ce « bal des débutants » qu’est le forum de Davos, en Suisse, on n’a parlé que du dynamisme économique retrouvé de l’Amérique. « América is back » l’Amérique est de retour, comme le déclare à tous vents Martin Richenhagen, le leader mondial des tracteurs, Massey Ferguson, Fendt et autres marques. Dans cette foire de la communication qu’est en réalité ce 44è forum économique mondiale, le renouveau de l’économie des Etats Unis est sans conteste la vedette des couloirs.

 C’est de toute façon une bonne nouvelle pour nos économies. En effet, la banque mondiale, à l’horizon 2015, prévoit pour les Etats Unis une croissance de 2,7%, loin devant le Japon ou l’Europe. En outre, du fait de leur puissance économique, les américains pourraient contribuer au quart de la croissance mondiale en 2015. On croit rêver, lorsqu’on réalise que l’Amérique a créé 8,6 millions d’emplois ces derniers quarante mois.

 Quel enseignement peut-on retirer de cette insolente renaissance de la puissance économique des Etats Unis ? Leur esprit aventurier leur permet de ne jamais laisser tomber les bras. De la sophistiquée côte Est à la dynamique côte Ouest, c’est le même esprit pionnier qui inlassablement reconstruit après une crise ou un échec.

 La défense de leur monnaie n’a jamais été un crédo. Par contre, la gestion rigoureuse de l’inflation a toujours été le souci de tous les responsables

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américains qui se sont succédé à la tête de la Fed, la banque centrale américaine. La flexibilité dans les règles d’embauche et de licenciement, la mobilité des travailleurs, à col blanc ou en bleu de chauffe, la haute opinion des citoyens du « made in América » donnent à l’économie américaine une possibilité de rebond à nul autre pareil.

 Si l’Amérique a maitrisé la crise si rapidement, si  tout le monde se plait à reconnaître qu’aujourd’hui elle est de retour, de nouveau la grande puissance mondiale, elle ne le doit ni à Barak Obama, ni à une administration fédérale exceptionnelle, mais à trois éléments : la monnaie, l’énergie et l’innovation. L’objectif de la Banque centrale américaine a été de favoriser la croissance et l’emploi en dehors de toute prétendue orthodoxie monétaire. En ce qui concerne l’énergie, les industries du monde entier n’ont pas fini de souffrir de l’énergie bon marché, grâce au gaz de schiste, mis à la disposition de l’industrie américaine. Enfin le couronnement de cette puissance retrouvée est l’innovation. Non pas l’innovation étatisée ou dirigée, mais la véritable innovation spontanée des jeunes et de moins jeunes, celle portée par un peuple créatif et qui ose.

 Il n’y a pas longtemps on se gausser du déclin de l’Amérique. Elle nous donne aujourd’hui une démonstration de ses qualités profondes qui on en fait la première puissance économique mondiale. Oui, on peut le dire : "América is back "