Chronique politique du vendredi matin des Matins Luse sur Luxeradio

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A ne pas vouloir regarder la réalité, à continuer à se mentir sur les données économiques du pays, les responsables politiques français risquent de  sceller le déclin de la France. 

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En ce début de l’année 2014, la France est l’homme malade de l’Europe. Si tous les pays de l’Union, même les plus touchés par la crise, repartent du bon pied, la France fait du sur-place avec une croissance atone et une courbe de chômage qui ne veut pas s’inverser. L’Italie voit ses exportations décoller, l’Espagne, son chômage baisser, le Portugal, son coût du travail diminuer, ce qui va attirer les nvestissements étrangers, même la Grèce voit son climat des affaires s’améliorer, au plus haut depuis cinquante deux mois.

 Les partenaires européens s’inquiètent de la situation de la France qui, si elle tarde à se relever, va handicaper les économies voisines, voir de les renvoyer vers une crise qu’elles quittent peu à peu. Le gouvernement français s’obstine à ne pas vouloir prendre les mesures qu’impose la situation, mesures qui ont fait leurs preuves en d’autres lieux. Le choc fiscal, résultant des augmentations massives des impôts, a coupé la France de la reprise qui se confirme dans les pays développés et en Europe. La relance ne peut être que le fruit de gains de productivité, de l’investissement et des profits des entreprises qui permettent le redressement durable des comptes publics.

 Que nous montrent les derniers chiffres de croissance, d’endettement, de déficit et de chômage ? Que révèlent les 100.000 emplois marchands détruits

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chaque année ? Tout simplement que la deuxième économie de la zone euro, la France, est bel et bien l’homme malade de l’Europe, le maillon faible de l’Union européenne. Le chômage de longue durée frappe plus de deux millions de personnes. Pour ces chômeurs, la chance de retrouver un emploi diminue de mois en mois. Cette situation provoque l’exode massif des cerveaux, des entrepreneurs qui considèrent que les conditions d’épanouissement et de succès ne sont plus réunies.

 Seules les réformes peuvent permettre le redressement du pays. L’amélioration de la compétitivité des entreprises, l’introduction d’une dose de souplesse dans le contrat de travail, la réforme des régimes de retraite, la diminution de la pression fiscale, la baisse du train de vie de l’Etat, la baisse des dépenses publiques, voilà ce qu’attend et que doit mettre en place le gouvernement français s’il veut que la France reprenne la place qui a toujours été la sienne. La France ne doit pas rester isolée entre une Europe du Nord qui renforce sa compétitivité et une Europe du Sud qui surmontent ses difficultés et commence à retirer les bénéfices de son ajustement. Il ne s’agit ni de politique de gauche ni de mesures de droite. Il s’agit de l’intérêt supérieur de la Nation française. Les responsables politiques doivent se réveiller en acceptant de faire face à la vérité sur ce qu’est aujourd’hui la France dans un Monde tel qu’il est et non tel qu’ils voudraient qu’il soit.

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 Avec le redressement de l’Amérique et la consolidation de la zone euro, une complication pour l’Etat français pointe à l’horizon : la hausse des taux d’intérêt. Si, jusqu’à présent, malgré la perte des AAA, la France emprunte à un taux moyen de 1,54 % sur dix ans, taux historiquement bas, c’est grâce aux politiques monétaires appliquées autant par la BCE, la banque centrale de l’Union européenne que de la Fed, la banque centrale américaine. Au vu de l’amélioration de l’économie américaine, la Fed annonce un durcissement de sa politique monétaire dès ce mois-ci. Ceci va entrainer une hausse des coûts des emprunts. Si la reprise économique mondiale se confirme, le temps de l’argent bon marché sera de l’histoire ancienne. Cela ne va pas arranger les pays fortement endettés, à commencer par la France.