Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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L’opinion publique a accueillie avec empressement, mais aussi avec une certaine prudence, la nouvelle politique d’ouverture  de l’Iran. Rappelant les déclarations du Guide suprême, Ali Khamenei, considérant « la bombe atomique Haram (non conforme à l’Islam) », le nouveau Président modéré, Hassan Rohani, a répondu d’une façon positive à la main tendue du président américain Barak Obama. Est-ce dire qu’un accord sur le dossier nucléaire entre l’Iran et les Occidentaux, Amérique en tête, va mettre fin au danger nucléaire qui plane sur notre planète ? Loin s’en faut.

 La gestion des risques nucléaires demande plus qu’un comportement puéril face un rapprochement  Téhéran/Washington. La dissuasion nucléaire qui perdure, essentiellement aux Etats-Unis et en Russie, n’est pas sans danger. Si ces deux puissances ont réduit leur arsenal nucléaire de 65000 à 26000 unités, il en reste encore suffisamment pour détruire la planète plusieurs fois. On recense plus d’un millier d’armes supplémentaires aux mains d’autres puissances nucléaires. En réalité, le monde est entré dans une nouvelle ère nucléaire bien plus dangereuse qu’à l’époque de la guerre froide. Aujourd’hui, on n’écarte plus les possibilités de collusion entre terrorisme et nucléaire. On s’inquiète à juste titre :

-      d’une Corée du Nord détentrice de la bombe atomique,

-      de la prolifération illégale de la technologie nucléaire militaire,

-      d’une éventuelle course à la bombe atomique au Moyen-Orient,

-       d’un effondrement possible de l’ordre public au Pakistan.

 Il faut ajouter, à ce tableau de risques, la nucléarisation de l’espace, entrainant une course entre les grandes puissances.

 Nos gouvernants ne savent que trop bien les risques d’aujourd’hui et ceux de demain, mais ne communiquent pas trop sur le sujet. Pourtant, la

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prolifération de la technologie nucléaire militaire est l’une des principales menaces qui pèsent sur l’humanité. L’arme nucléaire nous a amené à revoir la définition de la souveraineté d’un Etat. On parle maintenant de la souveraineté nucléaire. Ceci va entrainer la prolifération du nombre de petites puissances nucléaires, politiquement instables.

 Il devient de plus en plus urgent de renouveler et d’améliorer le régime international de contrôle. Le problème du nucléaire iranien est l’arbre qui cache la forêt. Une forêt pleine de risques réels qu’il ne faut pas sous-estimer. Outre les Etats nucléaires à l’instabilité politique avérée, il y a le terrorisme nucléaire. Pour certains il est un risque et non une menace, pour d’autres, les évènements du 11 septembre ont démontré qu’aucune éventualité, aussi saugrenue puisse –t-elle paraître, ne doit être exclue. La première serait d’attaquer une centrale nucléaire, la seconde consisterait à fabriquer une bombe sale. En 1987, à Goiania, au Brésil, il aura fallu seulement 20 grammes de césium, la taille d’un grain de riz, pour contaminer 112,000 personnes en quelques heures. 249 durent être hospitalisés, 7 perdirent la vie.

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 Les dirigeants du monde entier connaissent ces dangers et comment les réduire. Mais il manque la volonté politique d’agir d’une manière efficace. L’opinion publique n’est nullement sensibilisée à ces risques pour faire du désarmement et du contrôle des armes nucléaires une priorité politique. Le danger nucléaire ne sera pas jugulé en interdisant à tel ou tel pays l’accès à la puissance nucléaire, seuls le désarmement et la destruction des armes nucléaires sont la réponse.