Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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Depuis mardi dernier, 24 septembre, et ce jusqu’à lundi 1er octobre, se tient à New York l’Assemblée générale de l’ONU, l’Organisation des Nations Unies. Deux dossiers brulants, la Syrie et l’Iran, occultent des problèmes de fond, qui minent l’activité de l’organisation et menacent à court terme la crédibilité de ce que le général De Gaule avait appelé « le machin ».

 L’Organisation fondée en 1945 à San Francisco, sur les ruines de la SDN, la Société des Nations, est malade. Observateurs, diplomates et experts sont d’accord pour considérer qu’une réforme profonde de l’ONU s’impose. Les crises ont favorisé la montée en puissance du Conseil de sécurité, au détriment des prérogatives et compétences de l’Assemblée Générale. Les blocages qui en découlent nourrissent les critiques contre l’inaction des Nations Unis. A la fin de la guerre froide, l’hyperpuissance américaine s’est appuyée sur l’ONU, tant que cette dernière faisait preuve d’une certaine docilité. Depuis  2003, les Etats-Unis font preuve d’un véritable mépris pour l’Organisation, en entreprenant des opérations militaires sans son assentiment. L’arrivée de Barak Obama à la Maison Blanche n’a pas changé la donne, ni marqué un réengagement des Américains. Encore récemment, le 21 août dernier, le Président américain s’est dit prêt à intervenir à Damas, sans le feu vert de l’ONU.

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 Le miracle est que pour les peuples, l’ONU reste une institution assez neutre et crédible, surtout pour les opérations du maintien de la paix, mais jusqu’à quand ? Faut-il rappeler que la Charte de l’ONU représentait pardessus tout, un manifeste des Nations dédiées à la liberté, la justice et la promotion des droits fondamentaux de l’Homme. Pour certains, l’ONU est devenue une énorme agence pour l’emploi sans but, hormis celui de la perpétuation de son propre pouvoir et son autorité. On doit se poser la question : l’ONU a-t-elle trahit les idéaux de ses pères fondateurs ? Elle est devenue un énorme « machin » qui doit être réformé. Ce qui est sûr et regrettable, est que l’Assemblée générale de cette semaine n’abordera pas :

-      La réforme du Conseil de sécurité,

-      La revitalisation de l’Assemblée générale des Nations Unis,

-      La revue des opérations de maintien de la paix,

-      L’harmonisation des moyens financiers et matériels avec les objectifs qui lui sont assignés.

 L’ONU, c’est également la possibilité donnée aux dirigeants de 193 pays de se rencontrer et de se parler. Mais comme toujours, l’essentiel se déroule

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dans les couloirs, lieux de multiples contacts informels. Mais est-ce suffisant ? Sur ce point, les G8, G20 et autres à venir, concurrencent l’ONU et sapent sa crédibilité. Il y a là un réel risque de marginalisation qui impose la réforme en profondeur de la noble institution. Si on veut, comme le dit

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le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, que l’organisation reste « la boussole morale » du monde, il faut procéder sans tarder aux réformes que tout le monde reconnait comme nécessaires et que personne n’en admet l’urgence. L’ONU joue sa crédibilité en Syrie, certes, en Iran, sûrement, mais elle joue surtout sa survie, en ne se réformant pas.