Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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Devenue la deuxième puissance économique du monde, la Chine ne peux pas laisser indifférents les responsables des pays du reste du monde. Comme la première puissance mondiale, les Etats Unis d’Amérique, elle influe sur nos économies et parfois en devient une des locomotives.

 Aussi, il est important de scruter l’évolution de son développement et la stratégie géopolitique du pays le plus peuplé du monde. La Chine s’est réveillée par un système original dit «  économique « libéral » communiste », acceptant la loi du marché. Mais, engagés dans la recherche d’une prospérité économique, mariée à un souci de grandeur nationale, Xi Jinping, président de la République de Chine et son premier Ministre Li Kegiang, sont condamnés à soutenir une croissance du PIB au delà de 7%. Après un premier ralentissement, voilà de nouveau un coup de frein, attendu certes, mais préoccupant, dans la mesure où la croissance à 7,5% pour le deuxième trimestre ramène la hausse du PIB à 7,6% pour le premier semestre, sa plus mauvaise performance depuis 13 ans.

 Le ministre des Finances, Lou Jiwei, déclare que la croissance attendue cette année ne dépassera

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pas 7%. L’objectif de 7,5% fixé par l’Assemblée nationale populaire en mars dernier, ne sera pas tenu. Elle peut être même aux alentours de 6,5% Cela devient inquiétant. La finance internationale, devant cette tendance au freinage dans les économies des BRICS, commence à se rétracter en désinvestissant. Mais est-ce là le problème inquiétant, cette baisse des exportations, accompagnée d’une baisse de rentabilité. Non, il y a plus grave, l’endettement domestique.

 

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La dernière crise financière en Chine, a propulsé les taux de prêts interbancaires à des valeurs à deux chiffres. La croissance du crédit a été massive, équivalente à 30% du PIB entre 2008 et 2012. Le levier financier de l’économie chinoise est le plus élevé parmi les pays émergents. La Banque populaire de Chine a commencé, depuis juin dernier, à resserrer le crédit pour tenter de juguler la croissance des prêts. Le problème est que personne ne sait quand et comment le désendettement va se produire.

 On peut espérer un atterrissage économique en douceur, mais pour cela il faudrait que le pouvoir en place, freine sérieusement la croissance du crédit. Ceci poussera les emprunteurs surendettés à la faillite et obligera l’Etat à voler au secours des banques en les recapitalisant, exercice bien connu. Un désendettement drastique est inévitable et la croissance chinoise va ralentir, en attendant que ce palier permette la mise en place d’un nouveau modèle économique.

 Ce nouveau modèle impliquera forcément une hausse des salaires, qui devra s’accompagner d’investissements,

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permettant par une meilleure productivité, le maintien de la compétitivité. Mais un bouleversement économique majeur, dû à une austérité financière et une croissance au ralenti, menacerait la légitimité du Parti communiste chinois. La hausse du chômage et des difficultés des classes moyennes, peuvent susciter des troubles sociaux. En fait, le système actuel est une machine énorme de distribution de rentes.

 Dans le cas où Xi et Li se trouveraient désarmés, par une levée de boucliers des gouvernements locaux, des promoteurs immobiliers issus de la nomenklatura, des entreprises de l’Etat, tous surendettés, la croissance du crédit deviendrait incontrôlable et mènerait la Chine vers la catastrophe. Catastrophe que Xi et Li voudront à tout prix éviter.

 Ils n’auront plus de choix autre, que celui de durcir le dumping à l’export, sans écarter des positions belliqueuses, pour resserrer les rangs, aussi bien dans le Parti que dans le pays. C’est pour cela que nous nous devons, tous de par le monde, rester vigilants et suivre de près l’évolution économique et politique de ce monstre qui s’est réveillé : la Chine.