Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxe Radio

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Les crises économiques, financières et politiques se succèdent et les peuples, conscients des changements drastiques en cours, se rebiffent et crient

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leur besoin de démocratie et de dignité. Mais est-ce la chute du dollar, du yen ou de l’euro qui devrait les préoccuper ? Est-ce la montée en puissance de la Chine, la croissance qui bégaie dans les pays émergents, les fameux BRICS, qui devraient fixer leur attention ?

 Il est évident qu’à court terme, ces données sont préoccupantes, mais pas autant que celle de la démographie mondiale. La géopolitique nous apprend que la démographie, les migrations des peuples qui s’en suivent, expliquent souvent les tensions et la plupart des conflits. Elle préfigure les mutations et la nouvelle géographie sociale, économique et politique du Monde.

 Chaque seconde, la Terre accueille quatre nouveaux nés et deux habitants quittent notre vallée des larmes. Autrement dit, à chaque seconde, la population du globe augmente de deux êtres humains.  Calculez, en un jour nous sommes 200,000 de plus, en une semaine, la Terre aura 1,5 millions d’habitants de plus.

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 L’histoire du monde nous dit qu’il a fallu 7 millions d’années pour que la Terre abrite 1 milliard d’êtres humains. Dans les prochaines cent cinquante années, la population mondiale aura été multipliée par neuf. Gilles Pison, directeur de recherche à l’institut français des études démographiques, considère que la démographie s’emballe. La population mondiale aura décuplé en trois siècles, Nous vivons une période unique de l’histoire humaine, dit-il. Si rien ne change, devenant de plus en plus nombreux, nous seront de plus en plus pauvres, partageant un espace exigu, exsangue et pollué. Pour Claude Allègre, l’ancien ministre français : le véritable problème qui se pose à la planète est à coup sûr la démographie. Que dit l’ONU : « Des modes viables de consommation et de production ne peuvent être atteints et maintenus, que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable »

 La carte du monde se métamorphose, les populations des pays riches vieillissent. Si nous voulons ne pas retourner aux luttes pour l’espace vital, au cannibalisme régulateur, nos habitudes devront changer. Cela sera douloureux mais inévitable. Dès 2030, plus de 5 milliards d’humains vivront en ville, 6 sur 10 contre 1 sur 10 il y a cent ans. Certains observateurs annoncent des terribles crises alimentaires, des épisodes de sécheresse, des catastrophes climatiques et une multiplication des conflits armés ou non, pour plus d’espace, plus de nourriture, plus d’eau. Une moitié du monde devra réduire sa consommation pour permettre à l’autre moitié de manger.

 Regarder le problème en face, donne le vertige. Personne ne peut nier que nous allons être de plus en plus nombreux. Pour certains, nous somme assis sur une bombe démographique dont la mèche est allumée. Qu’allons nous boire, manger ? Où allons nous vivre et comment ? Autant de questions que nos dirigeants devraient se poser, « chaque matin en se rasant ».

 « Croissez, multipliez » nous dit la Bible, nous avons obéit au delà des possibilités de la terre. Il est temps de revisiter les directives des religieux. Penser le monde en termes d’espace vital était tabou. Les réalités du monde, comme la croissance démographique hallucinante actuelle, met à bas ce

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tabou et d’autres.

 Le problème ne peut pas être résolu par des initiatives isolées. C’est des mesures à l’échelle mondiale qu’il faut prendre. La Chine nous avait montré un chemin. Il va falloir arrêter de faire des enfants.  Arrêtons les atermoiements conciliants, arrêtons de ménager les consciences chrétiennes, qu’elles soient américaines, européennes ou d’ailleurs. Le pire n’étant jamais certain,  espérons qu’une prise de conscience au niveau mondiale du problème, en atténue les effets et retarde la catastrophe en attendant, en attendant quoi, un miracle peut-être.