Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxeradio

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Un commentateur sportif anglais disait que le Football est un sport de gentlemans, pratiqué par des voyous. On serait tenté de le parodier et dire que la politique est un art, pratiqué souvent par des malotrus.

 Mais ce monde difficile de la politique a aussi produit des grands hommes, responsables et soucieux de l’intérêt général. Malheureusement, la société se transforme et transforme ces hommes qui l’animent. La politique au sens le plus large, définit le cadre général d’une société organisée et développée. Cette notion  amène rapidement à l’action qu’il faut mener pour diriger, organiser une communauté, une société, un peuple. Rien n’échappe à la politique, l’économie, le droit, la sociologie, bref tous les aspects qui permettent de vivre ensemble. Ceci rend l’homme politique, un élément clef d’une société organisée. Encore faut-il qu’il soit en harmonie avec son temps et respectueux de l’éthique qui doit animer tout représentant du peuple.

 Pour Christian Salmon, écrivain chercheur, « dévoré par les médias l’homo politicus serait en voie d’extinction. » C’est vrai que la communication en continu, finit par tuer la communication et ceux qui communiquent. La politique demande recul et réflexion, qu’une présence médiatique continue, ne permet pas. Mais les médias ne sont pas seuls en cause. La liberté de circulation des hommes, des idées et des biens, a donné naissance à la mondialisation qui a supprimé les frontières au sens le plus large du terme. Déboussolé, le citoyen se retourne vers l’homme politique pour qu’il lui apporte la sécurité

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menacée par une perte de repères, cette supranationalité qui le mène loin de son « village ».

 Les dirigeants politiques qui se veulent à la page, versent dans trop de simplicité, trop de proximité, de transparence. Devenant un simple mortel, ils ne sont plus le recours attendu. Devenu inefficaces, ils deviennent inutiles. Les hommes politiques d’aujourd’hui, avec le culte de l’apparence, deviennent faibles et incapables de répondre aux attentes des citoyens.

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 L’homme politique d’aujourd’hui, qui se prétend de droite ou de gauche, ne convainc personne, tellement ces notions sont dépassées.  La gauche, avec ses combats d’arrière garde se décrédibilise et la droite, avec son conservatisme désuet fait sourire. Comme dit Salmon, la gauche, avec un souci de modernité, a dû troquer sa générosité sociale, pour les rigueurs des comptables, et la droite, sous la pression des Marchés a dû renoncer au patriotisme frémissant. Bref, la gauche a perdu le peuple et la droite la Nation.

 En fait, à vouloir l’homme politique un homme normal, à vouloir l’homme politique près du peuple, à vouloir l’homme politique transparent, on a démystifié la fonction. On a mis en route un processus de désacralisation nocif à l’exercice du pouvoir. La perte d’aura de nos hommes politiques, est une victoire à la Pyrrhus du peuple sur ses représentants. En réalité, la simplicité des hommes politiques développe un sentiment d’insécurité chez le citoyen lambda et ouvre la porte à toutes les formes de dictature.

 En élisant un homme entre les hommes, le peuple veut se donner un super homme qui va résoudre tous ses problèmes. En confiant les clés du pouvoir à l’élu, il veut se donner un messie capable de tous les miracles. Hélas, il faut l’admettre, la communication et la médiatisation des hommes politiques, ont tué ces illusions.