Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxe Radio

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Le Président de la République française, François Hollande, va être dans les prochains jours l’hôte du Maroc. Le Maroc suit avec attention l’évolution de la situation économique de l’Union européenne et bien entendu, plus particulièrement, celle de la France. Lié avec l’Europe par le statut avancé qui lui a été accordé en 2008, chaque soubresaut de la zone euro, peut se traduire par une remise en cause des options économiques du Royaume. La France, cette vieille relation, après la décolonisation, est devenue le partenaire économique principal du Maroc, avec l’Espagne. Aussi, il est essentiel pour le Royaume, de savoir ce qu’il en est de cet acteur important.

La situation du pays est devenue catastrophique. La récession menace, le chômage galope, l’investissement productif chute, le taux de marge s’effondre, les objectifs budgétaires sont repoussés, tous les régimes sociaux sont au rouge, la compétitivité recule chaque jour, le déficit commercial est abyssal, l’écart avec l’Allemagne s’accroit, les cerveaux et les capitaux fuient, le moral des consommateurs et des entrepreneurs est en berne, les cadres sont fiscalement massacrés, les tensions sociales s’aiguisent, et les politiques refusent toujours de placer l’entreprise et les entrepreneurs au cœur de leurs priorités.

Qui dit cela, qui fait ce sombre tableau de la situation de la France ? Denis Kessler, ancien vice-président du Medef,

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l’organisation patronale nationale, communément citée comme le Patron des patrons. Aux dires de l’ancien premier ministre français, Alain Juppé, la France va mal, pour ne parler que de son économie,  tous les indicateurs sont au rouge. Les chefs d’entreprises demande au Medef de peser  très vite, de tout son poids, pour infléchir les politiques économiques, fiscales et sociales actuelles du gouvernement. Elles doivent être au service de la compétitivité. Si cela est, que peut attendre le Maroc de la prochaine visite d’Etat du Président français ?

Les députés socialistes avaient dernièrement dénoncé vigoureusement l’installation de Renault à Tanger et la première action du Ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, tout fraichement installé par Hollande, a été de combattre les délocalisations vers le Maroc. Faut-il rappeler, qu’ici, sur cette même antenne, Martine Aubry, qui avait succédé à François Hollande, à la tête du Parti socialiste, avait, également, critiqué le projet Renault à Tanger. Elle avait précisé qu’il fallait faire des opérations « gagnant/gagnant » ! Belle phraséologie, mais qui ne veut rien dire, si ce n’est que l’on combattra toute nouvelle implantation industrielle au Maroc. Pour tout économiste, l’entrepreneur est gagnant par le développement de ses activités et les profits engendrés, l’Etat hôte est gagnant par le transfert de technologies et la création d’emplois, n’est-ce pas là le « gagnant/gagnant » ?

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Au risque d’être politiquement incorrect, le parti socialiste français n’a jamais été un fan de la Monarchie marocaine, et la situation en France telle que décrite par les opérateurs économiques, ne milite pas pour un grand changement des doctrines socialistes.Que pouvons nous attendre de cette visite, à part un beau discours au Parlement marocain à Rabat, et des déclarations encourageantes devant les opérateurs économiques marocains et français. Il parlera certainement de la nécessité de maîtriser les flux migratoires et à augmenter le contrôle du travail clandestin. Sur la question du Sahara, la position de Hollande ne diffère pas beaucoup de celle de l’UMP, mais il sera nettement moins combatif sur ce sujet que son prédécesseur.

Une visite pour rien ? Non, il est toujours utile de cultiver les relations avec un partenaire comme la France, mais ce, dans la lucidité.