Chronique politique du, vndredi matin des Matins Luxe sue Luxe Radio

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   " Premièrement, la Chine n’exporte pas la révolution ; deuxièmement, elle n’exporte pas la famine et la pauvreté ; elle ne vous donne pas de maux de tête." Qui dit cela ? Xi Jinping, le « prince rouge » qui va diriger la Chine.

Le 18em congrès du parti communiste chinois va le porter à sa tête. Puis en mars 2013, il sera devenu le Président du pays, de la Chine, appelée par d’autres l’Empire du Milieu, pour vous et moi, la deuxième puissance économique mondiale. Fils d’un ancien compagnon de route de Mao, élevé dans la nomenklatura communiste, il est considéré comme le chef de file de la faction des « Fils de princes », les rejetons des vétérans du régime. Celui qui prend la tête du parti et deviendra en mars 2013 le Président, tire largement sa légitimité de ce prestigieux héritage paternel. Pas seulement, car le camarade Xi a fait ses classes en province et a su avoir un parcours de trente ans dans l’appareil, sans fausse note. C’est un dirigeant pragmatique, simple et direct. En province, il a vu la société chinoise à la base et connu la réalité maoïste. On dit de lui que c’est un homme de compromis. Sera-t-il le réformateur que la Chine attend ? Son crédo reste largement une énigme.

 Le congrès du parti s’est ouvert très exactement au lendemain de l’élection présidentielle américaine. Dans un pays où le symbole tient une grande place, cette date n’est pas le fait du hasard. Elle n’a été arrêtée que fin septembre, en toute connaissance de cause. Le message donné au Monde est que la Chine est bien devenue la deuxième puissance du globe, le second acteur de l’ordre mondiale avec et non après les Etats-Unis.

 Aujourd’hui, face au nationalisme exacerbé de la Chine, les Américains mettent en place un arc stratégique pour contenir les ambitions de l’Empire du Milieu. Cet arc commence avec les Indes, passe par les Philippines, la Corée du Sud, pour finir au Japon, avec un centre important australien et l’appui défensif fondamental de la puissance navale américaine.

 Entre Washington et Pékin, les risques de friction ne manquent pas, depuis la frontière intercoréenne jusqu’aux montagnes d’Afghanistan. Les deux puissances sont soumises à des alliances incontournables, avec l’armée pakistanaise et l’intégrisme sunnite pour Pékin, avec le nationalisme et l’isolationnisme japonais pour Washington. Mais Obama et Xi Jinping ont entre les mains les moyens de démentir les Cassandres. La puissance militaire de l’un et celle financière de l’autre, le croisement de plus en plus touffu des intérêts économiques des uns et des autres, devraient éviter

imagesl’enclenchement du cercle vicieux des crises internationales, annoncé par certains.

 Xi réformateur ? Il lui faudrait plus clairement qu’aujourd’hui retirer son soutien à la dynastie chamaniste nord-coréenne. Et que les nouveaux dirigeants chinois engagent sérieusement et sans provocations inutiles un véritable dialogue avec le Japon. Avec une véritable éclaircie dans les relations internationales, Xi pourra se concentrer sur les réformes internes qui s’imposent, afin d’atteindre son objectif de faire de la population chinoise une vaste classe moyenne.

 Autour de la citadelle du parti, a fleuri une société diversifiée, réactive, vivante, où l’on parle beaucoup, et qui ne demande qu’à se développer. Il lui faudra pour cela bousculer les forces conservatrices au sein du parti qui sont encore très puissantes. Xi Jinping est considéré comme une personne très ouverte d’esprit, par exemple pour ce qui est de l’économie du marché, mais sera-t-il le Gorbatchev chinois ? là est toute le question.