Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxe Radio

------------------------------------------------------------------------------------------------------

 Voilà des décennies que les organisations anti-nucléaire militent, parfois violemment, pour l’abandon du nucléaire. e tremblement de terre, suivie d’un

photo-centrale-nucleaire-s7185

raz-de-marée, au Japon, et la catastrophe de Fukushima qui en avait résulté, semblaient celer l’avenir du nucléaire, un peu partout dans le monde. Le Japon annonçait, dans la foulée ,l’arrêt progressif du nucléaire en 30 ans.L’Allemagne, par une déclaration un peu précipitée de Angéla Merkel, annonçait l’abandon de l’électricité nucléaire. La France, les Etats Unis et d’autres pays étudiaient la question, en pesant le pour et le contre. Les anti-nucléaires pavoisaient, et les responsables économiques tiraient la sonnette d’alarme.Depuis le 11 mars 2011, date de la catastrophe de Fukushima, les esprits se sont calmés et le pragmatisme des politiques a repris le dessus.

 Pour la France, le dernier Conseil de Politique Nucléaire, le CPN, présidé par François Hollande, le Président français, a entériné le soutien de la France à l’atome civil. Si le Conseil annonce un arrêt anticipé de la centrale de Fessenheim, sous réserve que les conditions économiques, techniques et sociales, soient respectées, la mise en service de l’EPR de Flamanville, réacteur de dernière génération, est confirmé. Il est clair que la fin du nucléaire pourrait coûter cher à la France. Henri Proglio, le président de EDF, souligne que l’abandon du nucléaire nécessiterait des investissements de l’ordre de 400 milliards d’euros, se traduirait par le doublement de la facture d’électricité et près de un million d’emplois seraient mis en péril. Par ailleurs, l’exportation présente des grandes possibilités en Chine, en Inde, en Europe. Comme le dit le ministre socialiste, Arnaud Montebourg, pour la France, le nucléaire est une filière d’avenir.

photo-eolienne-s8529

 Le Japon, lui, après avoir annoncé l’arrêt du nucléaire, remet en activité les centrales précédemment mis à l’arrêt et met en construction, trois réacteurs nucléaires. Avant l’accident de Fukushima, la production nucléaire représentait au Japon près de 30% de la consommation d’électricité et les autorités prévoyaient d’augmenter cette part à 53% d’ici 2030.

 En Allemagne, la sortie du nucléaire voit la facture enfler. L’inflation du coût de l’électricité provoque un vif débat au sein de la coalition gouvernementale.  L’électricité ne doit pas devenir un produit de luxe s’écrie Michael Fuchs, le député conservateur allemand. Merkel va devoir revoir sa copie, et les élections approchent. L’euphorie de la révolution énergétique, n’aura pas duré en Allemagne, plus de dix huit mois, devant les réalités économiques. 

Les Etats Unis, eux, possèdent plus de centrales nucléaires qu’aucun autre pays au monde, 104 en activité, et après une pause, prévoit de construire 30 nouvelles centrales.

 Partout, dans le monde, l’énergie nucléaire s’impose. Le vrai problème est la sécurité. Les constructeurs ne doivent pas lésiner sur les mesures de sécurité draconiennes, qui s’imposent. Une chose est certaine, l’arrêt du nucléaire n’est pas pour demain.