La chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxe Radio

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Le rêve américain, au niveau de l’Etat, a été depuis plus de quarante ans : l’indépendance énergétique.Toute la politique étrangère de Washington, a toujours été et est encore, la sécurisation de ses sources d’approvisionnement, essentiellement pétrolier.

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 Du soutien aux monarchies du golf aux expéditions militaires, en passant par les alliances contre nature, le pétrole a  toujours été  le maître mot et la clé de toutes les énigmes diplomatiques des gouvernements successifs des Etats Unis. La production pétrolière domestique, si elle représente un volume non négligeable, n’a jamais donné aux américains cette indépendance tant recherchée. Les bas prix du pétrole, jusqu’à peu de temps, ont toujours découragé et freiné la recherche d’autres sources dans le pays. Aujourd’hui, c’est une véritable révolution qui est en train de transformer l’économie américaine, et qui risque de transformer également toute la stratégie américaine, aux conséquences géopolitiques incommensurables. Grace à l’exploitation de gisements jusque-là inatteignables de gaz et de pétrole de schiste, les Américains sont sur le chemin de cette indépendance énergétique, tant recherchée.

 On assiste à une réelle ruée vers l’or noir. On fore partout, au Texas bien sûr, mais aussi en Alaska, au Dakota, au Nouveau-Mexique, dans l’Utah et dans d’autres nombreux Etats pris de la fièvre du forage et de la recherche pétrolière. Dans une économie qui n’arrive pas encore à sortir de la crise, ces exploitations, génératrices d’emplois, sont encouragées, aussi bien par les gouvernements des Etats, que par le gouvernement fédéral. L’Amérique s’oriente vers une remise en question de sa stratégie géopolitique, et une refonte complète de ses relations avec un certain nombre de pays arabes, spécialement au Proche-Orient. Washington a d’ores et déjà réduit ses importations en provenance des pays de l’OPEP, de plus de 25% et s’oriente allégrement vers les 30% de baisse.

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 Washington, exportateur de gaz, n’est plus une vue de l’esprit, et les 10 millions de barils jour, l’équivalent de la production de l’Arabie Saoudite, sont pour bientôt. L’Amérique révisera ses alliances dans le golf, d’autant plus facilement, qu’Israël a, aujourd’hui, atteint son indépendance énergétique. Pour Washington, la perspective de son indépendance énergétique, va l’amener à une révision radicale de ses priorités. On assiste d’ores et déjà à une réorientation de sa politique relative aux stratégies militaires de la Maison Blanche. Après les Etats du golf, c’est l’Europe qui ne va plus être qu’un marché comme un autre. Essentiellement orientée vers le Pacifique,  c’est la Chine qui va être le centre de la géopolitique de Washington, qui bien entendu, va développer et consolider ses alliances avec les pays riverains de la mer de Chine. C’est l’ère d’une nouvelle Amérique à laquelle nous allons assister.