Chronique politique du vendredi matin des Matins Luxe sur Luxe Radio

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L’Europe, par les chiffres, est la première économie mondiale. Mais les Européens ne semblent pas le réaliser. Par leurs doutes et leur autodénigrement, ils retardent la reprise, qui se confirme dans d’autres pays, et risquent de compromettre la sortie de crise qui s’annonce.L’époque de l’Europe dominant le monde est révolue. Mais on peut rester de grandes nations, si on ne perd pas son âme, à la recherche du temps passé.

 L’Europe est, aujourd’hui, confrontée à des mutations profondes, humaines et structurelles. Elle est confrontée à des économies émergentes et des partenaires qui lui contestent le leadership.Victime d’un délitement, elle vit actuellement, une crise dans tous les domaines.Celle financière n’a fait que ressortir et mettre en lumière les carences auxquelles l’Europe est confrontée : absence de dynamisme démographique, faibles résultats dans l’innovation et dans les gains de productivité, problème des communautés, mal intégrées. Certains considèrent même, que les ressorts de la croissance sont cassés.C’est vrai que le repli sur soit est tentant, pour beaucoup de pays européens, mais ils ne laisseraient pour l’Union, que le pire à gérer.

images Ce n’est pas les G8, ce n’est pas les G20 successifs, qui sortiront l’Europe de la crise. L’Europe manque cruellement d’une gouvernance digne de ce nom. Les grands hommes sont rares à la tête de cette puissance économique mondiale.Ce n’est pas son Président actuel, flanqué de sa ministre des affaires étrangères, qui peuvent assurer le leadership de l’Europe et l’imposer dans le concert des nations.Ce n’est pas à Strasbourg, au parlement européen, qu’on trouvera les porteurs d’une politique à la hauteur des enjeux. C’est la politique politicienne qui a droit de cité.

 L’Europe a été le phare du monde, elle peut et doit le redevenir.On ne le répètera jamais assez, avant toute chose, il faut plus d’Europe. Il faut que les pays membres mettent en priorité l’Union et la solidarité. Il faut aller résolument dans plus d’intégration économique et politique.’Europe doit s’ouvrir à une économie mondialisée et éviter le protectionnisme, véritable politique malthusienne. L’économie mondialisée ne se fait pas au détriment des Etats européens, au contraire, elle élargie leurs champs d’actions.

 L’Europe doit retrouver le chemin de l’innovation, de l’initiative, de la création et du gout du risque.Les notions de gauche et droite sont dépassées. C’est les majorités d’idées qui font le monde aujourd’hui. L’esprit conservateur se retrouve dans tous les partis, tout comme l’envie de changement et de réformes.Le désir de plus de justice sociale, d’une meilleure formation, d’une véritable ouverture pour les jeunes, de plus d’éthique dans tous les domaines, se retrouvent chez tous les hommes politiques, dignes de ce nom, qu’ils soient de gauche ou de droite.

 Seule, une Europe unie, forte sans être arrogante, seule, une Europe qui s’exprime, politiquement et économiquement, d’une seule voix, fera sortir durablement de la crise, les nations qui la composent.